Des manifestants ont à nouveau protesté vendredi dans une vingtaine de villes américaines et prévoyaient de le faire encore ce week-end contre l'élection à la présidence de Donald Trump. Un homme a été la cible de tirs à Portland, dans l'Oregon.
Les manifestants anti-Trump, qui sont entrés vendredi 11 novembre dans leur troisième journée de mobilisation dans plusieurs villes des États-Unis, assurent préparer un mouvement de longue haleine pour s'opposer à Donald Trump et au Congrès à majorité républicaine dans les quatre prochaines années.
Vendredi soir, les rues de Miami et d'Atlanta ont vu des manifestants défiler tandis qu'à New York, des rassemblements ont à nouveau eu lieu à Washington Square et devant la Trump Tower, sur la cinquième avenue, où habite le futur président américain, vainqueur surprise de l'élection de mardi.
D'autres manifestations ont été signalées à Philadelphie, à San Francisco, à Los Angeles ou encore à Portland, dans l'Oregon, où des protestataires ont lancé des objets en direction des policiers anti-émeutes et où une personne a été la cible de tirs alors qu'elle traversait le pont Morrison après la manifestation.
Police in Portland, Oregon, say they've received "reports of attacks on drivers" as anti-Trump protest turns violent https://t.co/KZJYqhN8ia pic.twitter.com/PGA3pyhMhP
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Dans les rues de Los Angeles, ils étaient des centaines à paralyser la circulation sur certains axes en scandant : "Nous rejetons le président élu !"
Al Sharpton, figure du mouvement des droits civiques, aux avant-postes
La veille, les rassemblements, essentiellement composés d'adolescents et de jeunes adultes, semblaient pourtant faiblir par rapport à mercredi soir, malgré des incidents constatés à Portland et à Oakland
Mais des rassemblements sont à nouveau prévus samedi à New York et à Los Angeles, tandis qu'à Washington, une manifestation est déjà organisée pour le jour de l'investiture de Donald Trump, le 20 janvier. Mais ce n'est que le début, préviennent plusieurs organisateurs dans une série d'interviews.
Al Sharpton, célèbre figure new-yorkaise de la cause des Noirs aux États-Unis, estime que les manifestants devront emprunter aux républicains les techniques d'obstruction utilisées contre le gouvernement Barack Obama.
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Citant en exemple le mouvement du Tea Party comme celui qui aura amené l'homme d'affaires républicain à la Maison Blanche, Al Sharpton prévoit de lancer dès samedi une nouvelle initiative dans le cadre du National Action Network, le mouvement des droits civiques qu'il a fondé.
"Nous n'allons pas être aussi affreux qu'eux, mais nous allons être tout aussi persévérants", a-t-il déclaré.
Une "Million Women March" programmée le 21 janvier
T.J. Wells, ancien volontaire de la campagne Clinton et organisateur d'une manifestation jeudi soir devant le Trump International Hotel à Washington, près de la Maison Blanche, espère que le succès de ses premières manifestations spontanées s'inscrira dans la durée.
"Du jour de son investiture à celui où il sera démis de ses fonctions, nous devons nous assurer que, s'il y a quelque chose qu'il veut faire passer, avec laquelle la majorité des Américains qui ont voté pour Hillary Clinton ne sont pas d'accord, nous soyons fermes là-dessus".
Des milliers de femmes, inquiètes des conséquences sur leurs droits de l'élection de Trump, prévoient une grande marche à Washington au lendemain de son entrée en fonction, le 21 janvier, ont annoncé vendredi les organisateurs.
Sur Facebook, la "Million Women March" a réuni 35 000 personnes dans les 24 heures suivant sa création, selon un des ses organisateurs à New York, Bob Bland.
Sur le front environnemental, les associations projettent également d'être actives contre Trump pendant les quatre prochaines années, dans une posture défensive pour préserver a minima les acquis du gouvernement de Barack Obama.
"Nous serons au Congrès, dans les tribunaux, dans les salles de conférences et dans les rues", assure Gene Karpinski, président de la League of Conservation Voters, un lobby de défense de l'environnement basé à Washington, soutien et mécène des démocrates en 2016.
Avec Reuters