logo

Après les élections législatives anticipées, l'Islande entre désormais dans une délicate phase de négociations pour former une nouvelle coalition de gouvernement. Un nouveau parti pro-européen et libéral pourrait jouer les arbitres.

Après être arrivé en tête lors des élections législatives anticipées islandaises du samedi 29 octobre, le Parti de l’indépendance (conservateur) doit désormais former une nouvelle coalition pour gouverner l’île de 320 000 habitants. Son précédent allié au sein du gouvernement, le Parti du progrès (centre droit), a en effet réalisé son plus mauvais score depuis un siècle et perdu plus de la moitié de ses sièges (8 contre 19 auparavant), ce qui ne permet pas d’atteindre la majorité.

Le Premier ministre sortant, Sigurdur Johannsson, issu du Parti du progrès, a donc remis dimanche 30 octobre sa démission au président Gudni Johannesson. Conformément à la Constitution, lui et son cabinet expédieront les affaires courantes jusqu'à la nomination d'un nouveau gouvernement.

Les pirates, finalement troisièmes

Le président devrait ensuite charger le président du Parti de l'indépendance, Bjarni Benediktsson, ministre des Finances du gouvernement sortant, de trouver une majorité. Son parti, arrivé en tête avec 29 % des voix, comptera 21 des 63 députés de l'Althing, le Parlement monocaméral islandais.

Le reste de l’assemblée sera composé de 10 députés du Mouvement des verts et de la gauche, arrivé deuxième avec 15,9 % des voix, de 10 députés du très attendu Parti pirate (finalement troisième avec 14,5 % des voix) et de 7 députés du nouveau Parti de la réforme, pro-européen (l'Islande ne fait pas partie de l'UE) et libéral, qui entre au Parlement avec 10,5 % des voix.

Cette dernière formation, qui n'a pas fait savoir durant la campagne à quel type de coalition irait sa préférence, pourrait détenir les clés de la future majorité.

Le président du Parti de l'indépendance, Bjarni Benediktsson, compte parmi les 600 Islandais dont le nom apparaît sur les listes des Panama Papers, ces documents dévoilés en avril qui recensent des milliers de détenteurs de comptes offshore dans le monde. C'est pourtant après avoir été mis en cause dans ces mêmes Panama Papers que l'ancien Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson (Parti du progrès) avait démissionné en avril.

Avec AFP et Reuters