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Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni une nouvelle fois vendredi. Paris espère faire adopter son nouveau projet de résolution sur la Syrie alors que Washington et Moscou ont mis un terme à leurs discussions.
Selon des diplomates occidentaux interrogés par Le Monde, il faudrait "un miracle" pour que le projet de résolution sur la Syrie proposé par Paris soit accepté par le Conseil de sécurité des Nations unies lors du vote prévu samedi 8 octobre.
Jean-Marc Ayrault a annoncé vendredi qu'il participerait à la réunion du conseil de sécurité samedi.
Alors que les négociations sur le conflit syrien sont toujours dans l’impasse et que les États-Unis et la Russie ont mis un terme à leurs échanges, ce texte de quatre pages, dont Le Monde a pu prendre connaissance, soutient "l’instauration d’un nouveau cessez-le-feu à Alep, la fin de la campagne de bombardements aériens massifs sur la deuxième ville de Syrie pour permettre l’acheminement d’aide humanitaire, et enfin la mise en place d’un mécanisme de surveillance collectif du cessez-le-feu".
Dans un premier temps, Moscou avait accepté de travailler sur le texte mais le ministre russe adjoint aux Affaires étrangères, Gennady Gatilov, a affirmé vendredi 7 octobre que la résolution contenait "nombre de points inacceptables". La Russie a même menacé d'utiliser son droit de veto lors du vote pour bloquer le projet de résolution.
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Moscou avait néanmoins demandé au Conseil de sécurité de l’ONU de se réunir d’urgence vendredi pour entendre un compte-rendu de l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura. Le diplomate s'en était pris jeudi à Moscou et s'était alarmé d'une possible destruction totale des quartiers rebelles d’Alep d'ici janvier, proposant même d'escorter hors de la ville le millier de combattants jihadistes qui s'y trouveraient afin de faire cesser les bombardements russes et syriens.
Crimes de guerre à Alep ?
"Si le Front Al-Nosra avec toutes ses armes part en direction d'Idleb où ses forces principales sont basées, nous serons prêts à soutenir cette approche et serons également prêts à appeler le gouvernement syrien à l'accepter", avait déclaré en réponse le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à la chaîne de télévision publique russe Pervy Kanal.
La deuxième ville de Syrie, divisée depuis 2012 entre pro-régimes à l'Ouest et insurgés à l'Est, subit depuis plusieurs semaines une offensive de grande ampleur du régime de Damas soutenu par la Russie.
Depuis, les forces progouvernementales ont progressé dans la zone rebelle ravagée par des bombardements d'une extrême violence qui ont tué des centaines de personnes et détruit des infrastructures civiles avant de se calmer ces derniers jours.
Dans un entretien à une chaîne danoise diffusé jeudi, le président syrien Bachar al-Assad a nié que ses forces aient délibérément ciblé des infrastructures sanitaires ou restreint l'aide aux civils à Alep, comme les en accusent les rebelles et les Occidentaux qui ont parlé de "crimes de guerre".
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Face à la catastrophe humanitaire en cours à Alep-Est, qui n'a plus reçu d'aide depuis deux mois, le président américain Barack Obama pourrait opter pour de nouvelles sanctions à l'encontre de Damas et de son allié russe, selon des diplomates et des responsables américains.
Une stratégie est encore en cours d'élaboration mais son premier volet pourrait passer par des sanctions onusiennes visant des personnes impliquées dans des attaques chimiques. L'ONU a déjà établi la responsabilité de Damas dans deux attaques chimiques dans le nord de la Syrie en 2014 et 2015.
Mais, selon Le Monde, Washington envisagerait également des solutions non-diplomatiques. Moscou a déjà affirmé jeudi que les forces russes interviendraient immédiatement si les États-Unis ouvraient le feu sur les forces gouvernementales syriennes.
Avec AFP