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"Nous ne voulons pas être Américains" : les partis groenlandais réagissent aux menaces de Trump
Dans une déclaration commune publiée vendredi soir, les cinq partis représentés au Parlement groenlandais ont déclaré que l’avenir du Groenland relevait exclusivement du choix des Groenlandais, en réaction aux propos de Donald Trump évoquant un possible recours à la "manière douce" ou "forte" pour acquérir l'île.
Photo d'archives – Un touriste admire la statue de Hans Egede (1686-1758), missionnaire luthérien dano-norvégien, à Nuuk, au Groenland, le 9 mars 2025. © Odd Andersen, AFP

Ils disent non. "Nous ne voulons pas être Américains", ont réaffirmé vendredi 10 janvier les partis groenlandais dans une déclaration commune, après que Donald Trump a affirmé que les États-Unis emploierait "la manière douce" ou "la manière forte" pour acquérir l'immense île arctique.

"Nous ne voulons pas être Américains, nous ne voulons pas être Danois, nous voulons être Groenlandais", ont écrit les dirigeants des cinq partis groenlandais représentés au Parlement local – les quatre prenant part au gouvernement ainsi que le parti d'opposition, qui est lui favorable à une indépendance rapide du territoire autonome danois.

"L'avenir du Groenland doit être décidé par le peuple groenlandais", assurent-ils.

"Aucun autre pays ne peut s'en mêler. Nous devons décider nous-mêmes de l'avenir de notre pays, sans pression en faveur d'une décision hâtive, sans tergiversation ni ingérence d'autres pays", ont-ils insisté.

Donald Trump martèle que les États-Unis doivent prendre le contrôle du Groenland pour assurer leur propre sécurité face à Pékin et Moscou.

 "La manière douce" ou "la manière forte"

"On ne peut pas avoir la Russie ou la Chine occuper le Groenland. C'est ce qu'ils vont faire, si on ne le fait pas. Donc on va faire quelque chose avec le Groenland, soit avec la manière douce, soit avec la manière forte", a-t-il lancé vendredi.

Nuuk et Copenhague contestent en particulier cet argument.

"Nous ne partageons pas cette idée selon laquelle le Groenland serait couvert d'investissements chinois", a dit plus tôt dans la semaine le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen. "Nous veillons sur le royaume", a-t-il insisté.

Depuis 1951, il existe un accord de défense entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland qui donne quasiment carte blanche aux forces armées américaines sur le territoire groenlandais, si elles préviennent en amont les autorités locales.

Le président américain a reconnu, dans un entretien au New York Times jeudi, qu'il lui faudrait peut-être choisir entre la préservation de l'intégrité de l'Otan ou le contrôle du territoire danois.

Le Danemark – Groenland compris – est membre de l'Otan et une attaque américaine contre l'un des membres de l'Alliance signifierait "la fin de tout", a averti sa Première ministre Mette Frederiksen.

Avec AFP