
Le décès de Joshua Brown, conducteur d’une Tesla équipée d'un système de pilotage automatique activé, risque de retarder l’arrivée sur le marché des voitures autonomes.
C’est un drame qui risque d’"affecter la perception de la technologie", admet Richard Wallace du Center for Automotive Research, dans le Michigan. Il y a près de deux mois, Joshua Brown, le conducteur d'une Tesla équipée d'un système de pilotage automatique activé, est mort au volant de sa voiture. L'accident n'a été rendu public que récemment.
Les autorités américaines ont ouvert jeudi 30 juin une enquête après l'accident mortel d'une berline de luxe Tesla, la "Model S", équipée d'Autopilot, un système maison permettant à la voiture d'effectuer seule des manœuvres comme changer de voie, accélérer, décélérer, freiner et se garer. Il est activé et désactivé par le conducteur.
Ce système fonctionnait lorsqu'"un camion a pris un tournant à gauche en face d'une Model S à une intersection", le 7 mai, sur une route de Floride, selon l'agence américaine de la sécurité routière (NHTSA).
D'après les déclarations aux médias américains du conducteur du poids lourd, Frank Baressi, le propriétaire de la Model S, Joshua Brown, regardait un film au moment de l'accident.
De son côté, Tesla a expliqué dans un billet de blog que la météo pourrait être en partie responsable du drame. Le "ciel très lumineux" n'a permis ni au pilote automatique ni au conducteur de distinguer la remorque blanche d'un poids lourd qui s'était mis perpendiculairement à la route. "Les freins n'ont donc pas été enclenchés", déclare l'entreprise.
Dilemmes éthiques
Alors que les défenseurs de la technologue des voitures autonomes mettent en avant la sécurité comme argument de vente, ce premier accident mortel est un coup porté à Tesla et sa technologie d’Autopilot.
Nouvelle frontière pour les régulateurs et les assureurs, la technologie autonome est fondée sur des capteurs sophistiqués, des ordinateurs et des caméras, mais soulève des interrogations sur le partage des responsabilités en cas d'accident et des dilemmes éthiques, comme celui de savoir si le véhicule doit sacrifier ses occupants pour éviter la collision avec des piétons.
"Mon inquiétude, ma crainte, est que cet accident aurait pu être évité", confie à l'AFP Mary Cummings, responsable du laboratoire de l'autonomie à la Duke University. "Je crains qu'il ne fasse faire un pas en arrière à l'industrie", ajoute-t-elle, regrettant que Tesla n'ait pas réglé les "points aveugles" attachés, selon elle, à Autopilot.
A tragic loss https://t.co/qrRa3PZrBx
— Tesla Motors (@TeslaMotors) 30 juin 2016En début d'année devant des parlementaires américains, Mme Cummings avait déjà appelé à n'autoriser la voiture autonome sur les routes que lorsque la technologie aura été complètement éprouvée. Or, des voitures semi-autonomes sont déjà en circulation.
Le potentiel de la voiture autonome, considérée avec l'électrique comme l'avenir de l'automobile, a entraîné une course contre la montre entre Detroit, berceau de l'automobile américaine, et la Silicon Valley, temple de la technologie, pour savoir qui sera le premier à l'introduire sur les routes d'ici 2020.
Avec AFP