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Le Maroc face à la justice après le blocage des appels gratuits via Internet

Depuis janvier, les services de téléphonie gratuite via Internet, tels WhatsApp et Viber sont interdits au Maroc. En cause : le manque à gagner pour les opérateurs. Un abonné mécontent a fait porter l'affaire devant la justice.

Près de cinq mois que les Marocains ne peuvent pas appeler gratuitement via Internet. Depuis janvier, l'Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) a décidé d'interdire les appels gratuits passés via des systèmes de VOIP (appels gratuits via internet), tels que Skype, Viber, WhatsApp ou Messenger, suscitant l'ire des des consommateurs.

En cause : le manque à gagner pour les opérateurs. Les autorités expliquent que les services de VOIP n'ont pas de licence au Maroc. Un argument décrié par un grand nombre d'experts.

Un abonné a donc décidé de porter l'affaire en justice. Son avocat Mourad Zibouh veut tenter de faire casser la décision de l’ANRT. "Il y a une absence réelle de législation sur ce sujet au Maroc", explique-t-il à France 24. "Il n’y a aucune loi qui restreint l’utilisation d’Internet par ses applications". Le dossier s’est plaidé devant le tribunal administratif de la ville, le temps d’une première audience, le 21 avril. Mourad Zibouh dénonce une atteinte à la démocratie. Une position relayée par l'Association Marocaine des droits de l'Homme.

Colère des usagers

"Mon client paie un abonnement internet, il est supposé accéder à tous les services internet. Il utilisait beaucoup les appels VOIP", a-t-il déclaré sur le site marocain Médias24. "La décision [...] de l'ANRT est évasive et sujette à interprétations", a ajouté l'avocat.

Depuis plusieurs mois, la colère des usagers va crescendo. Une première campagne sur les réseaux sociaux avait créé le buzz ("Opérateurs, dictateurs !"), en incitant les internautes à se désabonner massivement des pages Facebook des opérateurs télécoms.

Cette interdiction touche la société marocaine dans son ensemble. Elle affecte la diaspora et leurs familles, habituées de ce moyen de communication gratuit, permettant de se voir à l'écran. Elle touche également les milieux économiques. Pour les start-up marocaines tournées vers l'international, c'est un moyen de communication avec leurs clients et partenaires qui disparaît, et l'image du pays qui est ternie.

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