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Argentine : l'ex-présidente Kirchner inculpée dans le cadre d'une affaire de taux de change

L'ex-présidente argentine, Cristina Kirchner, a été inculpée vendredi par la justice fédérale de son pays pour avoir avalisé, du temps de son mandat, des irrégularités dans les ventes de dollars par la Banque centrale.

En Argentine, un juge a inculpé, vendredi 13 mai, l'ex-présidente, Cristina Kirchner, (2007-2015) pour préjudice à l'État après une opération de spéculation sur les taux de change menée fin 2015 par la Banque centrale dans les derniers mois de son mandat. Dans cette affaire, la justice accuse l’ancienne dirigeante d'avoir causé des pertes à l'autorité monétaire. D'après le gouvernement actuel, qui était dans l'opposition à l'époque, l'opération a fait perdre des centaines de millions de dollars à la troisième économie d'Amérique latine.

Le juge fédéral Claudio Bonadio a considéré "évident que la présidente de l'époque [ait] donné des instructions – sans doute élaborées de façon conjointe – à son ministre de l'Économie pour que cette opération financière soit menée", dans une décision publiée sur le site Internet de la Cour suprême.

Le magistrat a ordonné le gel d'actifs de Cristina Kirchner pour une valeur de 15 millions de pesos (un million de dollars). Il a prononcé les mêmes poursuites et le même embargo à l'encontre de son ministre de l'Économie de 2013 à 2015, Axel Kicillof, de l'ex-président de la Banque centrale Alejandro Vanoli ainsi que douze autres anciens membres du directoire de cet organisme.

Ces inculpations sont susceptibles d'appel. Les accusés n'ont pas été mis en détention préventive.

La Banque centrale est, elle, accusée d'avoir vendu plusieurs millions de dollars en prenant des positions baissières sur les marchés à terme en anticipation d'une dévaluation prévisible du peso.

L'action de la Banque centrale a été conforme à sa mission, selon Kirchner

Cristina Kirchner avait comparu le 13 avril devant la justice, refusant de répondre aux questions du juge et présentant à la place un écrit dans lequel elle demandait la destitution du magistrat. Sa comparution avait tourné à la tribune politique, l'ancienne dirigeante haranguant des dizaines de milliers de partisans devant le tribunal.

Aux accusations, l'ex-présidente de gauche répond que l'action de la Banque centrale a été conforme à sa mission "de préserver la stabilité monétaire, financière, l'emploi, le développement économique avec une équité sociale".

Mme Kirchner, 63 ans, ne bénéficie d'aucune immunité depuis qu'elle a quitté le pouvoir en décembre, après deux mandats consécutifs.

Elle a également été citée dans une affaire de détournements de fonds vers la Suisse en passant par des paradis fiscaux, impliquant des piliers du système Kirchner. Elle et son fils, le député Máximo Kirchner, font en outre l'objet d'une procédure pour irrégularités présumées dans la gestion d'activités immobilières familiales.

Avec AFP et Reuters