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Pour protester contre la détérioration de la situation sécuritaire en Syrie, les représentants de l'opposition syrienne ont annoncé, lundi 18 avril, qu'ils ne participeraient qu'à des discussions "techniques" au sein de leur hôtel.

Le coordinateur de l'opposition syrienne, Riad Hijab, a jugé, lundi 18 avril, "inacceptable" de poursuivre les négociations de paix à Genève, alors que le régime de Damas continue de "bombarder et d'affamer les civils" en menant une offensive militaire contre la région d'Alep, en dépit de la trêve. La délégation a donc annoncé suspendre sa participation "formelle" aux pourparlers pour protester contre la "détérioration" de la situation en Syrie.

Selon le médiateur de l'ONU, Staffan de Mistura, le Haut Comité des négociations (HCN), représentant l'opposition, a annoncé qu'il resterait à Genève et continuerait à prendre part à des "discussions techniques", mais pas au Palais des Nations, siège de l'ONU dans la ville.

Le HCN est divisé entre ceux qui veulent quitter Genève – principalement les groupes armés – et ceux qui ne veulent pas rompre avec le processus de paix engagé depuis janvier, sous l'égide de l'ONU.

Une trêve fragile

Staffan de Mistura s'est néanmoins félicité d'avoir pu obtenir l'accord de l'opposition et du régime de Damas sur la mise en place d'une "transition politique", même s'il y a un "grand fossé" sur son interprétation. Le HCN exige le départ préalable du président Bachar al-Assad, ce que le régime, pourtant prêt à un gouvernement de coalition avec l'opposition, considère comme non négociable.

Évoquant la situation militaire et humanitaire en Syrie, Staffan De Mistura a estimé que la trêve imposée le 27 février "tient toujours dans beaucoup de régions". "Mais l'intensification des combats est inquiétante (..) et l'accès humanitaire trop lent", a-t-il déploré.

Preuve que la situation devient alarmante, les présidents Poutine et Obama – parrains des pourparlers de Genève – se sont appelés lundi pour décider du renforcement du cessez-le-feu et de l’aide humanitaire en Syrie. De son côté, le président français, François Hollande, a déclaré, lors de son déplacement, lundi, au Caire, qu'il fallait "tout faire" pour maintenir la trêve entre le régime et les rebelles en Syrie.

Intensification des combats à Alep

Sur le terrain, les combats et les bombardements se sont intensifiés dans la journée, surtout dans la métropole d'Alep et sa province, morcelée entre armée, rebelles, jihadistes et Kurdes. Dix groupes rebelles principalement islamistes, dont les influents Ahrar al-Cham et le groupe d'inspiration salafiste Jaich al-Islam, ont annoncé qu'ils mettaient en place une riposte coordonnée.

"Après une augmentation des violations de la part des forces du régime, visant notamment des camps de déplacés et (...) des quartiers résidentiels, nous déclarons la création d'un centre d'opérations conjoint et le début d'une bataille", ont-ils indiqué dans un communiqué, promettant "une réponse forte qui servira de leçon" au régime.

À Alep, huit personnes ont été tuées par des roquettes lancées par des rebelles sur des quartiers tenus par le régime, a annoncé, lundi, la télévision d'État. La veille, 22 civils étaient morts dans des bombardements mutuels, soit l'un des bilans les plus lourds depuis l'entrée en vigueur de la trêve. L'ONG Médecins sans Frontières (MSF) a jugé "critique" la situation d'environ 100 000 personnes prises au piège dans le nord de la Syrie.

Avec AFP