
L'Italien Angelo Furlan (photo) a devancé le Suisse Markus Zberg et le Belge Tom Boonen dans le sprint ponctuant la deuxième étape du Dauphiné entre Nancy et Dijon. L'Australien Cadel Evans conserve la tête du général.
REUTERS - L'Italien Angelo Furlan a privé lundi le Belge Tom Boonen d'un retour en grâce sportif en le devançant au sprint pour remporter la deuxième étape du Critérium du Dauphiné Libéré entre Nancy et Dijon.
Malgré le travail de ses équipiers, Boonen n'a pris que la troisième place de l'étape, derrière Furlan et le champion de Suisse Markus Zberg (BMC).
Vainqueur du contre-la-montre dimanche, l'Australien Cadel Evans a conservé la tête du classement général à l'issue de cette première étape en ligne du Dauphiné.
Après ses deux contrôles positifs à la cocaïne en 13 mois, Boonen est soigneusement tenu à l'écart des médias et, plus largement, de toute sollicitation extérieure par son équipe, qui fait tout pour le faire gagner à nouveau sur la route.
L'occasion était belle lundi au cours d'une étape longue et sans difficulté.
Boonen reste un redoutable sprinteur et peu d'adversaires semblent en mesure de le menacer sur ce Dauphiné, en dehors de son compatriote Gert Steegmans (Katusha), du Français Sébastien Chavanel (Française des Jeux), des Italiens Furlan et Mirco Lorenzetto (Lampre), voire de l'Allemand Marcel Sieberg (Columbia).
Derrière les cinq coureurs échappés depuis le départ, ses équipiers n'ont pas tardé lundi à engager la poursuite, loin de l'arrivée.
Stéphane Augé (Cofidis), Alexandre Pichot (Bouygues Telecom), Inaki Isasi (Euskaltel), Hector Gonzalez Baeza (Fuji Servetto) et Paul Voss (Milram) ont alors vite compris que leur tâche serait rude, voire impossible.
Relayée par l'équipe Lampre puis par la Française des Jeux, la Quick Step est revenue sur les fuyards dans les faubourgs de Dijon, Pichot et Augé rendant les armes à six kilomètres de l'arrivée.
Un grain de sable est cependant venu enrayer la mécanique belge lorsque David Millar (Team Garmin) a retrouvé son âme de poursuiteur à cinq kilomètres du but et contrarié fortement les plans de Quick Step.
Les derniers relayeurs de Boonen se sont sacrifiés plutôt que d'avaler les derniers hectomètres dans le seul but de le propulser vers le succès.
A 400 mètres de la ligne d'arrivée, Millar semblait avoir course gagnée. Boonen n'avait donc d'autre choix que de lancer déjà le sprint.
Sa seule action a ruiné les espoirs du Britannique, qui n'a plus rien gagné de probant depuis le prologue de Paris-Nice en 2007, mais elle a aussi provoqué sa propre perte. Boonen est arrivé à son point de rupture trop tôt et il a dû se relever au moment même où il rejoignait Millar.
"Il y a eu une chute dans le dernier virage à hauteur de la quinzième place", a expliqué Boonen. "Cela nous a désorganisés. Marco Velo s'est relevé, Sébastien Rosseler était trop seul avec moi et j'ai dû lancer mon sprint 50 mètres trop tôt. C'est dommage."
Ce scénario a en revanche été une aubaine pour Furlan, qui a ainsi décroché la douzième victoire de sa carrière, l'une des plus belles avec ses deux étapes sur la Vuelta 2002.
"Je suis très heureux", a-t-il dit dans un français appris en 2007 et 2008 dans les rangs du Crédit Agricole. "Mon équipe a bien travaillé aujourd'hui et Bandiera m'a parfaitement préparé ce sprint."
Pour son équipe Lampre, décontenancée par l'errance de Damiano Cunego dans le dernier Giro, cette victoire représente un grand coup de fraîcheur. Comme pour Silence-Lotto le maillot jaune conservé aisément par Cadel Evans.
Pour Tom Boonen et la Quick Step, en revanche, il va falloir attendre avant de sourire franchement. Peut-être mardi à Saint-Etienne, à condition de bien franchir les côtes du Forez.