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Libreville dément la mort d'Omar Bongo Ondimba

Le porte-parole du gouvernement gabonais a opposé lundi un "démenti formel total" aux informations concernant la mort du président Omar Bongo Ondimba, rapportées par deux médias français.

Mort ? Pas mort ? Les spéculations sur le sort du président gabonais, Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis plus de 41ans, vont bon train.

"Bongo est bien en vie", a assuré lundi à Barcelone le Premier ministre gabonais, Jean Eyeghe Ndong, dénonçant les "dérives répétées" des médias français.

Dimanche soir, le site Internet de l’hebdomadaire français Le Point a annoncé que l'homme fort de Libreville, qui va sur ses 74 ans, était décédé des suites d’un cancer. Le site de l’hebdomadaire s’appuyait sur une source proche du pouvoir gabonais. L’agence de presse AFP a très rapidement relayé l’information, citant pour sa part une source proche du gouvernement français.

Réfutée par plusieurs ministres au cours de la nuit, l’information a été officiellement démentie par le porte-parole du gouvernement gabonais : "J’apporte ici et maintenant un démenti formel total (...). Nous nous préparons à recevoir le chef de l'État, même si nous ne sommes pas encore fixé sur la date de son retour", a affirmé Raphaël N’Toutoume sur les ondes de la radio française France-Info.

Omar Bongo est hospitalisé à l'hôpital Quiron de Barcelone depuis plusieurs semaines, afin d'effectuer, officiellement, un bilan de santé. Mais de nombreuses sources - dont certaines hospitalières -, ont toujours affirmé que le chef de l'État gabonais y était entré dans un état bien plus grave. Le 6 mai, la présidence gabonaise annonçait "la suspension momentanée de [ses] activités". Sur ordre de Bongo lui-même, "toutes les audiences présidentielles [ont été] suspendues jusqu'à nouvel ordre".

Une succession compliquée

À Libreville, la population reste dans l'expectative. La plupart des magasins et des restaurants ont gardé leurs rideaux baissés, ce lundi. Depuis l’annonce de la mort d’Omar Bongo Ondimba, dimanche, seules les stations essences affichent complet, les Librevillois craignant une pénurie dans les jours à venir. Selon des témoignages recueillis par l’AFP, "les gens ont peur".

De fait, la succession du doyen des chefs d'États africains en exercice, souvent présenté comme un pilier de la "Françafrique", promet d’être compliquée.

Dans cette perspective, Ali Ben Bongo, fils du président et ministre de la Défense depuis 1999, apparaît le mieux placé pour reprendre le flambeau de son père.