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RéessayerLe président congolais Félix Tshisekedi a ouvert la porte, mercredi 7 mai, à un éventuel troisième mandat à l'issue d'un référendum constitutionnel, et à un report de l'élection présidentielle prévue en 2028 si le conflit dans l'est de la République démocratique du Congo devait se poursuivre.
Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi, 62 ans, arrivera au terme de son second mandat de cinq ans en 2028. La Constitution de la RD Congo fixe la limite à deux mandats présidentiels.
"Je n'ai pas sollicité de troisième mandat, mais je vous le dis : si le peuple souhaite que j'aie un troisième mandat, j'accepterai", a déclaré le chef de l'État élu en 2018 puis réélu en 2023, lors d'une conférence de presse organisée mercredi à Kinshasa.
"Pour moi, si changement, révision ou tout ce qu'il y a doit se faire, ce ne sera jamais sans consulter la population, le peuple congolais, c'est-à-dire par référendum", a-t-il précisé.
En RD Congo, toute modification constitutionnelle doit être approuvée par référendum sur convocation du président, sauf si le projet est approuvé à la majorité des trois cinquièmes par le Parlement. L'Union sacrée, alliance de partis rassemblés dans la majorité présidentielle, y détient une écrasante majorité.
L'opposition, affaiblie par des défaites électorales successives, accuse depuis 2024 le président Tshisekedi de manœuvres pour rester au pouvoir. "Je ne veux pas m'accrocher au pouvoir, mais je veux servir mon pays", s'est défendu Félix Tshisekedi.
"La guerre nous a été imposée"
Détendu et affable, Félix Tshisekedi a longuement mis en avant son bilan lors de cette conférence de presse diffusée à la télévision nationale, affirmant avoir "réussi à sortir le Congo du trou noir dans lequel il était".
Le président a également évoqué un éventuel report de l'élection présidentielle, prévue en 2028, alors que le groupe armé AFC/M23 soutenu par le Rwanda s'est emparé de vastes pans de territoires dans les provinces orientales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
"Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement, on ne pourra pas organiser les élections en 2028", a-t-il affirmé.
"On ne va pas les organiser sans" le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, deux provinces parmi les plus riches et les plus peuplées du pays, a-t-il ajouté. "Mais ce ne sera pas parce que j'ai refusé de les organiser", a-t-il souligné.
Selon lui, la "guerre nous a été imposée" par le Rwanda voisin, qui a déployé des milliers de soldats en soutien à l'AFC/M23 dans l'est de la RDC.
La RD Congo et le Rwanda ont signé début décembre à Washington un fragile accord de paix sous l'égide du président américain Donald Trump, qui n'a pas mis fin aux combats dans l'est où une myriade de groupes armés sont parfois utilisés comme intermédiaires par les belligérants.
Partenariat avec Washington
Cet accord comporte une contrepartie économique visant à assurer à l'industrie de pointe américaine un approvisionnement en minerais stratégiques dont les sous-sols congolais regorgent.
"Les Américains nous ont exigé certaines réformes qui doivent se faire au niveau de la justice. Ces réformes ne se feraient pas sans réviser la Constitution", a argué Félix Tshisekedi.
Le président congolais a néanmoins assuré qu'il ne serait "jamais le président qui va brader les richesses" de la RD Congo et qu'il n'avait accepté "aucun accord qui porterait atteinte à la souveraineté" du pays.
Félix Tshisekedi a défendu le partenariat noué avec les États-Unis, affirmant qu'il permettra de développer la transformation locale des minerais extraits dans le pays, mais également d'autres secteurs de l'économie ainsi que les infrastructures et les forces armées.
Les États-Unis ont sanctionné fin avril le prédécesseur de Félix Tshisekedi, Joseph Kabila (président de 2001 à 2019), l'accusant de chercher à "déstabiliser le gouvernement de RDC" et d'apporter un soutien financier au AFC/M23.
Félix Tshisekedi a par ailleurs nié toute contrepartie financière américaine après la décision des autorités congolaises d'accueillir des migrants expulsés des États-unis en RD Congo.
À peine réélu en 2023, le président avait commencé à évoquer l'idée d'une révision constitutionnelle, que son parti estime pourtant "opposée aux attentes" de la population.
"Qu'est-ce qui nous interdit de nous pencher dessus ?", a-t-il demandé mercredi, assurant qu'il ne fallait pas "lier cet exercice à un troisième mandat".
Avec AFP
