
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse virtuelle au siège de l'institution à Genève, le 7 mai 2026. © Christopher Black, OMS, AFP
D'autres cas d'hantavirus sont "possibles", a prévenu l'Organisation mondiale de la santé (OMS) jeudi 7 mai, mais le foyer de la maladie qui a causé la mort de trois passagers d'un navire dans l'Atlantique devrait rester "limité" si les mesures de santé publique sont mises en œuvre.
Le navire MV Hondius, au cœur d'une alerte sanitaire internationale, a quitté mercredi la baie de Praia, au Cap-Vert, à destination de Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries, où il est attendu dimanche.
Compte tenu de la période d'incubation du virus de la souche des Andes, qui peut aller jusqu'à six semaines, "il est possible que d'autres cas soient signalés", a-t-il ajouté.
L'hantavirus peut provoquer un syndrome respiratoire aigu. Aucun vaccin ni traitement spécifique n'existe contre ce virus rare, transmis par contact avec des rongeurs.
La souche des Andes, identifiée chez des passagers infectés, est la seule connue pour pouvoir provoquer des cas de transmission interhumaine.
Mais les autorités et l'OMS se veulent rassurantes devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19. "Ce n'est pas le début d'une épidémie (...) ni d'une pandémie", a assuré à Genève Maria Van Kerkhove, qui dirige le département de prévention et de préparation aux épidémies et pandémies de l'OMS.
"Sous contrôle"
"Nous pensons" que cette épisode "restera limité si les mesures de santé publique sont appliquées et si tous les pays font preuve de solidarité", a renchéri à ses côtés Abdi Rahman Mahamud, directeur des opérations d'alerte et de réponse aux urgences sanitaires.
"La situation est, selon nous, largement sous contrôle", a déclaré jeudi soir le président américain Donald Trump. Il a précisé qu'un "rapport complet" serait publié vendredi.
Les trois passagers décédés depuis le début de la croisière, qui reliait Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert, sont un couple de Néerlandais, qui voyageaient depuis plusieurs mois en Amérique du Sud, et une Allemande.
Des croisiéristes sont actuellement hospitalisés ou sous surveillance médicale aux Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne et en Afrique du Sud. Des passagers et membres d'équipage d'une vingtaine de pays se trouvent toujours à bord du navire
Les autorités sanitaires s'attachent à retracer les trajets d'une trentaine de personnes descendues à terre lors d'une escale à Sainte-Hélène, du 22 au 24 avril, pour identifier de possibles malades ou cas contact.
Des inquiétudes montent sur cette minuscule île britannique de 4 400 habitants, isolée au milieu de l'Atlantique Sud, mais la situation est "stable et maîtrisée", a assuré le gouverneur jeudi.
L'OMS a "informé les douze pays dont des ressortissants ont débarqué à Sainte-Hélène" : l'Allemagne, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, Saint-Kitts-et-Nevis, Singapour, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et la Turquie.
À Singapour, deux sexagénaires, qui ont débarqué sur l'île, ont été placés à l'isolement dans l'attente du résultat de tests. La même chose a été demandée à deux personnes au Royaume-Uni et un Danois, asymptomatique, s'est placé en auto-isolement.
"Tout va bien"
Un Français ayant pris l'avion avec un cas confirmé et présentant des "symptômes bénins" a également été placé à l'isolement dans l'attente d'un test.
L'origine du foyer reste inconnue mais, selon l'OMS, la première contamination a eu lieu avant le début de l'expédition le 1er avril, car le premier passager décédé, un Néerlandais de 70 ans, a présenté des symptômes dès le 6 avril. Or, la période d'incubation du virus est d'une à six semaines.
Le ministère argentin de la Santé a indiqué jeudi ne pas pouvoir "confirmer l'origine de la contagion", malgré le traçage de l'itinéraire du cas zéro.
L'hantavirus est endémique dans certaines régions d'Argentine, andines notamment, avec au moins une soixantaine de cas par an ces dernières années.
Parmi les passagers débarqués, un vidéaste turc, Ruhi Çenet, a déploré mercredi auprès de l'Agence France-Presse (AFP) que "la vie (ait) poursuivi son cours" sur le bateau malgré la mort du passager néerlandais le 11 avril.
Sur une vidéo publiée le 5 mai sur YouTube, le passager Kasem Ibn Hattuta raconte depuis le bateau que "la plupart des personnes à bord réagissent très calmement".
Le gouvernement régional des Canaries, opposé à l'arrivée du MV Hondius à Tenerife, a assuré jeudi que le navire "n'accostera pas" sur l'île : "il mouillera" au large avant l'évacuation des passagers via une petite embarcation pour un transfert vers l'aéroport de Tenerife Sud.
Avec AFP
