
Le président Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 6 mai 2026. © Jacquelyn Martin, AP
La hache de la guerre commerciale est loin d'être enterrée. Donald Trump a annoncé jeudi 7 mai donner jusqu'au 4 juillet à l'Union européenne pour appliquer l'accord commercial passé avec les États-Unis, après un coup de téléphone avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Passé ce délai, les droits de douane imposés par Washington à l'UE "bondiraient immédiatement à des niveaux beaucoup plus élevés", a averti le président américain sur son réseau Truth Social.
Le Parlement européen a approuvé fin mars, sous conditions, l'accord commercial entre les États-Unis et l'UE conclu l'été dernier à Turnberry, en Ecosse. Mais les procédures internes du bloc prévoient des négociations avec les Etats membres avant qu'il soit formellement appliqué.
Dans l'accord de Turnberry, l'UE s'est engagée à supprimer les droits de douane appliqués sur la plupart des importations américaines, en échange d'un plafonnement à 15 % des droits de douanes imposés par Trump sur les produits européens.
"J'ai attendu patiemment que l'UE remplisse sa part de l'Accord Commercial Historique auquel nous sommes parvenus (...), le plus grand accord commercial jamais conclu", a écrit le président des États-Unis.
"L'UE a promis de remplir sa part du contrat et (...) de réduire ses droits de douane à ZERO", a-t-il ajouté. "J'ai accepté de lui donner jusqu'au 250e anniversaire de notre pays, sinon, malheureusement, les droits de douane (pratiqués aux États-Unis) bondiraient immédiatement à des niveaux beaucoup plus élevés."
Il a qualifié son appel avec Ursula von der Leyen de "très bon".
"Dialogue constructif", selon l'UE
Les États-Unis célébreront le 4 juillet le 250e anniversaire de leur Déclaration d'indépendance de la Grande-Bretagne, considérée comme la date de naissance du pays.
Vendredi, Donald Trump avait menacé l'UE d'imposer de nouvelles surtaxes douanières sur les automobiles et les camions exportés vers les États-Unis.
En réponse, Bruxelles avait assuré que l'UE respectait sa part de l'accord, et que Washington avait été tenu informé "tout au long des procédures" visant à l'entériner sur le plan législatif.
Les discussions entre les Vingt-Sept et le Parlement européen en vue d'entériner l'accord commercial avec les États-Unis ont progressé, mais sans aboutir à ce stade, a-t-on appris à Bruxelles dans la nuit de mercredi à jeudi.
Le gouvernement chypriote, qui exerce la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, a fait état de "progrès sur un certain nombre d'éléments", et a indiqué vouloir poursuivre cette "dynamique positive" lors d'une nouvelle séance de négociations avec les eurodéputés prévue le 19 mai.
"Nous sommes pleinement engagés à poursuivre notre dialogue constructif avec le Parlement européen afin de conclure au plus vite les travaux législatifs", a assuré Michael Damianos, ministre de l'Energie, du Commerce et de l'Industrie de Chypre.
"Nous avons fait de bons progrès, mais il reste du travail à accomplir", a confirmé l'élu allemand Bernd Lange (S&D, gauche), qui pilote ce dossier au sein du Parlement.
Avec AFP
