
Le porte-avions français "Charles de Gaulle" accoste, dimanche 23 février 2025, au port de Subic Bay, une ancienne base navale américaine située au nord-ouest de Manille, aux Philippines. © Joeal Calupitan, AP
Alors que la situation dans le détroit d’Ormuz reste incertaine, le porte-avions français Charles-de-Gaulle et son escorte ont franchi, mercredi 6 mai, le canal de Suez et font route vers le sud de la mer Rouge dans la perspective de l'initiative multinationale de sécurisation du détroit d'Ormuz.
Dans ce contexte, le franchissement du canal de Suez par le porte-avions français Charles-De-Gaulle permet d'envoyer "le signal que non seulement nous sommes prêts à sécuriser le détroit d'Ormuz mais que nous en sommes aussi capables", a ajouté un conseiller d'Emmanuel Macron, assurant parler au nom de la coalition des pays non-belligérants lancée en avril à Paris en vue d'une mission "neutre".
La France est parmi 9 pays dotés d’un porte-avions, un outil stratégique pour faire valoir ses intérêts à travers le globe. Ce nouveau déploiement dans une région déstabilisée par la guerre au Moyen-Orient présente une occasion de revenir sur le joyau de la marine française qui patrouille les mers du globe depuis sa mise en service en 2001.
• 2 000 marins à son bord
Le Charles-De-Gaulles est un bâtiment flottant colossal. Long de 261,5 mètres, large de 64,5 mètres et haut de 75 mètres, il est néanmoins considéré de taille moyenne dans sa catégorie, loin derrière son homologue américain, l’USS Gerald R. Ford (333 mètres de long), mais plus gros que le Cavour italien (244 m) et le Juan Carlos I espagnol (231 m). De quoi tout de même embarquer à son bord environ 2 000 marins et personnels de l'aéronautique.
• Une escorte navale et sous-marine
Le "Charles" ne navigue jamais seul. Il est accompagné à tout moment par le groupe aéronaval (GAN), un ensemble de bâtiments de guerre qui assure la défense du porte-avions. Le GAN est composé d’un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA, classe Rubis et Suffren), de deux frégates multi-missions (FREMM, classe Aquitaine), d'une ou deux frégates antiaériennes (FDA, classe Horizon), d’une frégate de patrouille lointaine (Frégate légère furtive de la classe La Fayette) et d’un pétrolier ravitailleur.
Cet ensemble peut détecter, traiter et contrer des offensives aériennes, navales ou sous-marines. Le Charles-De-Gaulle est également capable de se défendre lui-même. Le porte-avions dispose d’un système d’autodéfense complet composé de missiles antiaériens Aster 15 et Mistral, de tourelles téléopérées Narwhal 20 mm, ainsi que de canons et mitrailleuses destinés à protéger le bâtiment.
• Une quarantaine d’appareils aériens
Le Charles-De-Gaulle est une formidable base aérienne en mouvement. Son groupe aérien embarqué (GAE) comporte une quarantaine d'appareils aériens. Le porte-avions peut accueillir plus d’une trentaine de Rafale Marine F3-R, deux avions de guet avancé E-2C Hawkeye, deux hélicoptères NH90 Caïman Marine, un hélicoptère AS 365F Dauphin et un hélicoptère de renseignement AS565 Panther ISR.
• Une propulsion nucléaire au service de la souveraineté
La France, avec les États-Unis, est un des deux pays du monde à posséder un porte-avions à propulsion nucléaire. Délivrant 83 000 chevaux, ses deux réacteurs, surnommés Adyton et Xena, dotent le bâtiment d’une autonomie de sept ans et demi et assurent une autarcie énergétique. Cela permet à la France de mener des opérations maritimes de longue durée sans ravitaillement pétrolier et de projeter son influence loin de l’Hexagone.
• Une force de projection et de dissuasion
La force principale du Charles-De-Gaulle est sa capacité de dissuasion. Son GAE et son GAN permettent de projeter la puissance aérienne française aux quatre coins du globe, un outil diplomatique incontournable de la politique internationale française, comme le démontre son arrivée au Moyen-Orient. Avec l’arme nucléaire, le navire est l'emblème de l’autonomie stratégique de la France. Baptisé le France-Libre, son remplaçant est annoncé pour 2038. Il prévoit d'être encore plus gros, pesant 80 000 tonnes et mesurant 310 mètres de long, de quoi garantir la continuité du levier stratégique que représente le Charles-De-Gaulle.
