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Hantavirus : le navire en route pour les Canaries, où l'attendra un dispositif sanitaire
Le bateau MV Hondius, foyer d'hantavirus, a quitté le Cap-Vert mercredi et est attendu samedi à Tenerife, aux Canaries, d'où l'évacuation des passagers devrait commencer lundi.
Une personne vêtue d'une combinaison de protection descend d'un avion médical qui aurait transporté des passagers du paquebot MV Hondius soupçonnés d'être infectés par l'hantavirus, le 6 mai 2026. © Jeffrey Groeneweg, AFP

Le navire MV Hondius, avec à son bord des passagers et membres d'équipage confinés à cause d'un foyer d'hantavirus, est en route pour Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries où il est attendu samedi 9 mai, avant une évacuation des passagers prévue en début de semaine prochaine.

Le bateau a dépassé l'archipel du Cap-Vert jeudi matin, selon le site de suivi maritime Marine Traffic. Le navire, qui accueille de passagers de 23 nationalités différentes à son bord, avait quitté la baie de Praia, au Cap-Vert, à 17 h 15 GMT mercredi.

"Tous les passagers resteront à bord du navire de croisière jusqu'à l'arrivée" des avions chargés de les rapatrier, a indiqué le ministère espagnol de l'Intérieur. Le navire doit accoster au port de Granadilla, à Tenerife, malgré l'opposition des autorités locales.

"Un dispositif conjoint d'évaluation sanitaire et d'évacuation (classique, NDLR) sera mis en place pour rapatrier tous les passagers, à moins que leur état de santé ne l'empêche", a souligné la ministre espagnole de la Santé, Monica Garcia Gomez.

Les pays de l'Union européenne (UE) doivent prendre en charge leurs ressortissants, éventuellement aidés par la Commission européenne, tandis que l'évacuation des passagers extra-européens est toujours en préparation.

"Trois professionnels de santé supplémentaires sont montés à bord (...), afin d'assurer des soins médicaux optimaux pendant la traversée", a précisé le voyagiste Oceanwide Expeditions dans un communiqué.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et Oceanwide, trois personnes – deux membres d'équipage malades et une personne cas contact – ont été évacuées du bateau, puis ont embarqué à bord de vols médicalisés depuis Praia. "Tous trois (sont) dans un état stable et l'un d'eux est asymptomatique", précise Ann Lindstrand, représentante de l'OMS au Cap-Vert.

"Le risque pour le reste du monde est faible"

Le premier avion a atterri mercredi soir à Amsterdam. Le centre médical universitaire de Leyde, aux Pays-Bas, a déclaré dans un communiqué que des médecins se préparaient à admettre un patient, et l'hôpital universitaire de Düsseldorf (dans l'ouest de l'Allemagne) doit prendre en charge un cas contact.

Un second avion censé transporter le troisième patient évacué a atterri jeudi matin à Amsterdam, après un changement d'appareil imprévu mercredi aux Canaries.

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué à l'Agence France-Presse (AFP) qu'il "ne pens(ait) pas" que la situation soit similaire à celle du début de la pandémie de Covid-19. "Pour l'instant, le risque pour le reste du monde est faible", selon lui.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), estime de son côté que de "nombreuses incertitudes subsistent" sur l'épidémie, appelant à "adopter une approche de précaution, afin de réduire la probabilité de nouvelles transmissions".

Pour l'agence sanitaire américaine, le risque pour les Américains de contracter l'hantavirus est "extrêmement faible".

Des premiers cas infectés en dehors du navire

La souche du virus détectée en Afrique du Sud est celle des Andes, transmissible entre humains, selon le ministre sud-africain de la Santé. L'hôpital universitaire de Genève a identifié la même souche.

La compagnie néerlandaise KLM a par ailleurs signalé mercredi qu'une personne décédée après avoir voyagé à bord du MV Hondius, était montée "brièvement" à bord d'un de ses avions reliant Johannesburg à Amsterdam, mais débarquée avant le décollage, sans détailler sur un éventuel malaise.

Trois personnes – un couple de Néerlandais et une Allemande qui ont voyagé à bord du MV Hondius – sont mortes depuis le début de la croisière, selon l'OMS. Le circuit allait d'Ushuaïa, en Argentine au Cap-Vert, au large de la côte ouest-africaine.

Une homme est hospitalisé à Johannesburg, un autre à Zurich (Suisse). Le ministère suisse de la Santé a précisé à l'AFP que ce dernier était "rentré en Suisse depuis Sainte-Hélène", une île britannique de l'océan Atlantique où le bateau a fait escale entre le 22 et le 24 avril.

À ce stade, l'OMS suppose qu'un ou plusieurs premiers cas "ont été infectés en dehors du navire" avant "une transmission interhumaine".

Le couple de Néerlandais décédés, selon l'itinéraire reconstitué par les autorités argentines, était en Amérique du Sud depuis fin novembre, et avait voyagé plusieurs mois entre Argentine, Chili, Uruguay et de nouveau Argentine fin mars, avant d'embarquer sur le navire à Ushuaïa le 1er avril.

L'hantavirus est endémique dans certaines régions d'Argentine, andines notamment, avec au moins une soixantaine de cas par an ces dernières années. Le ministère argentin de la Santé a indiqué vouloir envoyer aux pays concernés (Espagne, Sénégal, Afrique du Sud, Pays-Bas et Royaume-Uni) l'ARN de la souche "Andes" de l'hantavirus pour en faciliter la détection ainsi que "des guides de diagnostic et des protocoles de traitement".

Avec AFP