Plus de 10 000 enfants migrants non accompagnés ont disparu en Europe sur les 18 à 24 derniers mois, estime l'agence policière Europol, craignant que nombre d'entre eux soient exploités, notamment sexuellement, par le crime organisé.
Dix mille enfants migrants présumés disparus en deux ans. L'information, révélée par l'hebdomadaire britannique The Observer, a été confirmée dimanche 30 janvier par le service de presse de l'agence policière Europol.
Brian Donald, un responsable d'Europol cité par The Observer, explique que ces chiffres avancés concernent les enfants dont "toute trace a été perdue après leur enregistrement auprès des autorités européennes".
"Tous ne seront pas exploités à des fins criminelles, précise le responsable d’Europol. Par eilleurs, il y en a qui auront rejoint des membres de leur famille, mais aujourd’hui, nous ne savons pas "où ils sont, ce qu'ils font et avec qui". Les 10 000 disparitions présumées ont été recensées sur les 18 à 24 derniers mois, notamment grâce aux informations fournies par les pays européens ou disponibles publiquement, par exemple sur Internet.
Selon l’hebdomadaire dominical, 5000 enfants, soit la moitié du total annoncé, auraient par exemple disparus en Italie. La Suède serait sans nouvelle d’environ 1000 d’entre eux.
Une "infrastructure criminelle panaeuropéenne sophistiquée" entre l’Allemagne et la Hongrie
Sur le million de migrants arrivés en Europe en 2015, quelque 27 % d'entre eux sont des enfants. "Ils ne sont pas tous non accompagnés, mais nous avons des preuves montrant qu'une grande partie d'entre eux pourraient l'être", selon Brian Donald.
Il assure qu'une "infrastructure criminelle" paneuropéenne sophistiquée s'est développée sur les 18 derniers mois dans le but d'exploiter les migrants illégaux, évoquant l'esclavage ou les activités liées au commerce du sexe. En Allemagne et en Hongrie, notamment, un grand nombre de criminels ont été interpellés alors qu'ils exploitaient des migrants.
"En Allemagne et en Hongrie, la grande majorité des pensionnaires de certaines prisons y ont été placés en raison d'activités criminelles liées à la crise migratoire" précise Brian Donald.
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Des organisations travaillant sur la "Route des Balkans" ont en outre indiqué à Europol que l'exploitation d'enfants migrants est un problème majeur, selon le responsable d'Europol. Des groupes criminels y seraient actifs dans la traite d’êtres humains.
Avec AFP