
Si l'Iran a fait cette année la une de l'actualité internationale avec la signature d'un accord historique sur le nucléaire, la République islamique doit relever un défi intérieur de taille : le manque d'eau et la sécheresse. Les lacs et les barrages sont à sec, tandis que de nombreuses villes sont menacées de coupures d'eau. Dans certaines régions reculées, la catastrophe est aussi économique. Fait rare, nos reporters ont été autorisés à tourner ce reportage.
La sécheresse est le sujet de préoccupation majeur des Iraniens. Vivre et travailler en Iran sans l’évoquer est impossible. Les spécialistes de l'environnement commencent d’ailleurs à tirer la sonnette d'alarme sur ce qui pourrait être l'une des pires catastrophes écologiques du Moyen-Orient.
En Iran, neuf villes, dont la capitale Téhéran, sont menacées de coupures d’eau, les barrages s'assèchent et une grande partie des lacs du sud et de l'est du pays sont à sec. Avec cette sécheresse, des millions de personnes sont également menacées.
Si la raréfaction de l'or bleu s’explique en partie par le réchauffement climatique, elle est aussi due à la construction effrénée de barrages qui ont détourné les rivières de leur lit et des terres agricoles.
Le quotidien des habitants bouleversé
Nous nous sommes rendus au nord du pays, au lac d'Ouroumieh, qui était auparavant le deuxième plus grand lac salé du Moyen-Orient et un haut lieu touristique. Son assèchement est impressionnant. Il n'en reste plus que 2 % et, selon les spécialistes, il pourrait totalement disparaître d'ici trois ans. Ses alentours ressemblent à une zone fantôme, tout est resté en l'état, avec des pédalos et des bateaux à l'abandon. Car les habitants espèrent qu'une solution sera rapidement trouvée pour alimenter de nouveau ce poumon de la région.
Nous nous sommes également rendus dans le sud du pays, au lac d'Hamoun, à la frontière afghane. Jadis, ce lac faisait vivre une grande partie de la population de cette région pauvre d’Iran. Les rencontres que nous avons faites ici ont été très fortes, notamment au centre de tissage pour femmes, à coté de Zabol. Ces femmes, qui ne savaient faire que pêcher ou cultiver les roseaux, doivent apprendre un nouveau métier pour subvenir aux besoins de leur famille.
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Le manque d'eau a totalement changé le visage de cette région et la vie des habitants. Désormais, certains connaissent même des problèmes oculaires ou respiratoires, tandis que les jeunes préfèrent partir et tenter leur chance ailleurs.