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Trois mois après le dégel des relations entre Washington et La Havane, l’Assemblée générale de l’ONU a une nouvelle fois réclamé, mardi, à une écrasante majorité, la fin de l'embargo américain visant Cuba.

C'est presque devenu un rituel. Chaque année depuis 23 ans, l'Assemblée générale de l'ONU adopte la même résolution non contraignante à une majorité écrasante pour condamner l'embargo américain visant Cuba. Le vote du mardi 27 octobre n'a pas dérogé à la coutume.

Les États-Unis et Israël ont une nouvelle fois voté contre cette résolution, tandis que  191 des 193 pays membres de l'ONU se sont prononcés en faveur du texte.

"Le texte est loin de refléter les mesures importantes qui ont été prises et l'esprit d'engagement que le président Obama a défendu, a indiqué Ronald D. Godard, ambassadeur adjoint des États-Unis à l'ONU. Par conséquent, les États-Unis ne peuvent pas le soutenir. Si Cuba pense que cela va précipiter les choses, dans le sens où nos deux gouvernements ont déjà dit qu'ils voulaient y aller, et bien il se trompe."

Ce vote intervient trois mois après le rétablissement des relations diplomatiques entre Washington et La Havane, dans le cadre du processus historique de rapprochement entre les deux pays, amorcé en décembre 2014.

Depuis la détente, Barack Obama a demandé au Congrès, contrôlé par les républicains, de travailler à la levée de l'embargo imposé à l'île castriste depuis 1962, car lui seul a la prérogative institutionnelle de le faire. Mais les leaders de la majorité dans les deux chambres y sont pour l'instant hostiles.

Dans l'attente d'une telle décision, le président américain a pris une série de mesures assouplissant l'embargo, dans la limite de ses prérogatives présidentielles.

Sévèrement renforcé par la loi Helms-Burton de 1996, l'embargo total sur les transactions économiques et financières avec Cuba est régulièrement dénoncé par La Havane comme un obstacle au développement de l'île, avec des dommages estimés à plus de 100 milliards de dollars.

Le président cubain Raul Castro a demandé solennellement, lors de son discours à l'assemblée générale de l'ONU le 26 septembre, aux États-Unis de lever leur embargo économique sur son pays.

Avec AFP