Un nouveau logiciel potentiellement fraudeur, des publicités mensongères et des perquisitions en Italie : Volkswagen a encore d'autres casseroles, contrairement aux affirmations du patron de sa filiale britannique.
Pas d’autres révélations. Paul Willis, le directeur général de la filiale britannique de Volkswagen, pense que le constructeur allemand a bu le calice jusqu’à la lie. Interrogé par une commission parlementaire britannique jeudi 15 octobre, il a précisé que la priorité était dorénavant de gérer les conséquences du scandale des véhicules modifiés pour tromper les tests anti-polluants. En résumé : faire face aux plus de 250 procédures en cours dans le monde, trouver un moyen de modifier les moteurs truqués et regagner la confiance des consommateurs.
Par ailleurs, en Allemagne, l'autorité de régulation de l'industrie automobile a ordonné au constructeur, jeudi, de procéder au rappel pur et simple de 2,4 millions de voitures diesel équipés du logiciel fraudeur.
Et Paul Willis va peut-être un peu vite en besogne en jugeant que le temps des révélations est révolu. De nouvelles informations rendues publiques ces derniers jours indiquent qu’il reste encore peut-être quelques squelettes dans le placard de Volkswagen.
Un autre logiciel fraudeur ? Si vous avez aimé l’affaire du logiciel qui permet de frauder les tests anti-polluants détecté aux États-Unis, vous allez peut-être adorer l’acte II de ce scandale automobile. Il vient aussi de l’autre côté de l’Atlantique et concerne un nouveau logiciel controversé, implanté dans certains moteurs de voitures VW.
Les autorités américaines sont en train d’enquêter sur ce tout nouveau dispositif, qui serait susceptible d’optimiser les émissions de gaz polluants des modèles diesel que le groupe allemand comptait commercialiser aux États-Unis en 2016. Rien n’indique que ce second logiciel serve aussi à frauder les tests anti-polluants, mais “Volkswagen va devoir répondre à beaucoup de nouvelles questions”, a assuré à l’agence AP un porte-parole de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).
L’existence de ce dispositif a été révélée par… Volkswagen lui-même. Le patron du groupe aux États-Unis, Michael Horn, l’avait évoqué lors de son audition par le Congrès américain le 8 octobre. L’information s’était noyée dans le flot des excuses publiques. Mais les responsables de l’EPA, aux aguets, ont immédiatement pris langue avec Volkswagen après l’audition de Michael Horn pour en savoir plus. Une semaine plus tard, les premières explications ne semblent pas avoir permis de lever tous les doutes : les modèles 2016 de VW destinés au marché américain devront attendre les résultats de l’enquête avant de pouvoir être vendus. L’existence de ce deuxième logiciel n’a pas encore été confirmée sur les voitures Volkswagen qui doivent être vendues en Europe.
Et le moteur à essence ? Depuis le début du scandale, seuls des modèles diesel des marques détenues par Volkswagen semblent avoir été équipés par le logiciel fraudeur. Les voitures à essence seraient blanches comme neige. Normal : l’essence est moins polluante.
Pas si vite, estime le quotidien allemand “Süddeutsche Zeitung”. Les autorités italiennes ont procédé à une perquisition chez des responsables italiens de Volkswagen et de Lamborghini. Le hic, c'est que la marque italienne du groupe allemand ne fabrique pas de voitures diesel. “C’est une indication que l’affaire pourrait concerner aussi les voitures à essence”, souligne le journal allemand.
Des publicités illégales ? La Federal Trade Commission (FTC, le gendarme du commerce américain) a ouvert une enquête concernant les publicités de Volkswagen louant les qualités “environnementales” de ses voitures à diesel.
Entre 2009 et 2015, période durant laquelle étaient commercialisés les véhicules au moteur truqué, le constructeur allemand a diffusé plusieurs spots publicitaires qui pourraient s'avérer mensongers. Plusieurs sénateurs américains ont pressé, ces derniers jours, les autorités américaines de s’intéresser à cet aspect de l’affaire. La FTC a décidé mardi de s’y attaquer, croit savoir la chaîne économique Bloomberg.
Pour juger les campagnes de pub de Volkswagen illégales et infliger une amende, la FTC doit démontrer que les responsables étaient conscients que le message publicitaire était trompeur. Cela reviendrait à établir que la direction du groupe connaissait l’existence d’un logiciel fraudeur depuis 2005, alors que le patron américain a simplement reconnu du bout des lèvres avoir entendu parler d’un éventuel problème de conformité aux règles américaines de protection de l’environnement depuis septembre 2014.
En parallèle à cette enquête, la FTC pourrait aussi obliger Volkswagen à financer des “publicités” qui rappellent aux consommateurs qu’il y a eu tromperie sur la marchandise.