
Un cinquantaine de personnes ont été tuées mercredi dans une série d’attentats visant la communauté chiite de Sanaa, capitale du Yémen. L’organisation État islamique (EI) a revendiqué les attaques.
Trois mosquées de Sanaa, la capitale du Yémen, et la représentation politique des miliciens chiites houthis ont été visées, mercredi 17 juin, par des attentats à la voiture piégée qui ont fait une cinquantaine de victimes, morts et blessés confondus, a-t-on appris de sources proches des services yéménites.
Les attaques ont été revendiquées par la branche locale de l’organisation État islamique (EI), qui profite de la guerre civile pour s'implanter au Yémen. "Les soldats de l'État islamique au Yémen, dans une vague d'opérations militaires menées pour venger les musulmans victimes des apostats houthis, ont fait exploser quatre voitures piégées près de hauts lieux de l'apostasie houthie", a dit le mouvement dans un communiqué.
L'EI avait déjà revendiqué les attentats du 20 mars, qui ont fait 137 morts dans deux mosquées de Sanaa.
"Ignobles et lâches"
"Les membres de l'État islamique et d'autres agents étrangers du même genre, après avoir été vaincus et chassés, ont maintenant recours à leurs vils attentats ignobles et lâches", a écrit le dirigeant houthi Yahya Ali al-Kahoum sur Twitter.
Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), branche la plus active du groupe, a également commis de nombreux attentats au Yémen, mais s'en prend rarement aux lieux de culte.
Les deux mouvements considèrent les Houthis, membres de la branche zaïdite du chiisme, comme des apostats qui méritent la mort.
Les miliciens chiites originaires du nord du pays se sont emparés en septembre de la capitale yéménite et tiennent désormais la majeure partie du pays, mais se heurtent à la résistance de tribus sunnites qui font parfois cause commune avec les djihadistes.
Négociations à Genève
Ces attaques surviennent alors que l’ONU mène depuis mardi à Genève des négociations entre des représentants du gouvernement yéménite fidèle au président en exil, Abd Rabbo Mansour Hadi, et les rebelles houthis d’Ansarullah, soutenus par l’Iran. Pour l’heure, les discussions n’ont mené à aucune avancée significative.
Les combats au Yémen, où une coalition menée par l'Arabie saoudite frappe depuis le 26 mars les positions rebelles, ont fait plus de 2 600 morts, selon l'ONU.
Les raids aériens n'ont pas pu enrayer la progression des rebelles qui, outre Sanaa, contrôlent la plus grande partie d'Aden, deuxième ville du pays, et de larges portions d'autres provinces.
Avec AFP et Reuters