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Plusieurs dizaines de migrants installés dans le nord de Paris ont été délogés, lundi, par les forces de l'ordre. Ces dernières ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des militants et des élus venus soutenir les clandestins.

Plusieurs dizaines de migrants clandestins installés depuis plusieurs jours dans un campement de fortune devant la bibliothèque Vaclav-Havel, rue Pajol, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, ont été délogés par les forces de l'ordre, lundi 8 juin dans l'après-midi.

Escorté par des CRS et des gendarmes, un bus rempli de migrants a quitté ce quartier populaire du nord de Paris, peu après 16 h, pour une destination inconnue. Selon une source policière citée par l’AFP, 84 personnes ont été évacuées.

Par ailleurs, une quarantaine de militants et d’élus qui arboraient des écharpes tricolores étaient présents sur place pour exprimer leur "solidarité avec les réfugiés". Les forces de l'ordre ont brièvement fait usage de gaz lacrymogène pour disperser le rassemblement, interpellant au passage plusieurs militants. Le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, s'est dit "révolté" par le comportement du Premier ministre Manuel Valls "qui envoie la force publique contre les réfugiés de la halle Pajol", sur Twitter.

De leur côté, les élus du groupe écologiste au conseil de Paris ont "solennellement demandé à Anne Hidalgo l'ouverture d'un lieu d'accueil par la mairie de Paris dès ce soir".

Absence d'hébergement

Les migrants s'étaient installés là depuis plusieurs jours, une poignée y dormant la nuit, les autres venant la journée, notamment pour y bénéficier du soutien d'associations (nourriture, vêtements). Ils affirmaient camper là faute d'endroit où aller après l'évacuation, le 2 juin par la police, d'un campement proche de La Chapelle, dans ce même arrondissement, où près de 350 personnes, principalement des Soudanais et des Érythréens, s'entassaient depuis des mois dans des conditions indignes.

>> À lire sur France 24 : "Camp de migrants à la Chapelle : un bidonville au cœur de Paris"

Vendredi, plusieurs dizaines de migrants qui s'étaient ensuite installés devant l'église Saint-Bernard, restée célèbre depuis son occupation par des sans-papiers en 1996, avaient également été évacués par les forces de l'ordre.

Des associations et certains élus de gauche ont critiqué la brièveté, voire l'absence, d'hébergement proposé aux migrants délogés de La Chapelle. Les pouvoirs publics avaient pourtant assuré que chacun se verrait pris en charge en fonction de sa situation (demandeurs d'asile, familles avec enfants...).

Avec AFP