logo

Le président de l'instance internationale du football a annoncé mardi qu'il démissionnait du poste auquel il vient tout juste d'être réélu. Il souhaite la tenue "le plus vite possible" d'un congrès extraordinaire pour élire son successeur.

Reconduit vendredi 29 mai pour un cinquième mandat à la tête de la Fifa, Sepp Blatter a finalement décidé de jeter l'éponge. 

Le président de l'instance internationale du football a annoncé mardi 2 juin sa démission à la suite des nombreux scandales financiers et de corruption qui éclaboussent l'institution. "Même si j'ai été réélu, je n'avais pas le soutien de tout le monde du foot, a-t-il expliqué. Face à des défis qui ne s'arrêtent pas, [la Fifa] a besoin d'une profonde restructuration."

Et d'ajouter : "Je suis désormais libre des contraintes d'une élection. Je vais me concentrer pour engager des réformes ambitieuses".

En poste depuis 1998, Sepp Blatter, 79 ans, a indiqué qu'il convoquait "le plus vite possible" un congrès extraordinaire où il remettra en jeu son mandat et au cours duquel son successeur sera élu. Ce congrès devrait avoir lieu entre décembre 2015 et mars 2016, a précisé Domenico Scala, président de la commission d'audit de la Fifa.

"M. Blatter conserve toutes ses compétences jusqu'au congrès électif où il rendra son mandat", a indiqué une source à la Fifa, précisant que la procédure jusqu'au congrès extraordinaire est encadrée par l'article 24 des statuts de la Fifa.

L'intégralité de l'allocution de Sepp Blatter, mardi

Cette démission intervient quelques heures à peine après de nouvelles accusations du "New York Times" visant cette fois le Français Jérôme Valcke, secrétaire général de la Fifa et bras droit de Sepp Blatter. Le quotidien américain a accusé Jérôme Valcke d'être le responsable d'un virement de 10 millions de dollars sur des comptes gérés par l'ancien vice-président de l'organisation Jack Warner, mis en cause par la justice américaine dans un scandale de corruption.

Dans un communiqué mardi matin, la Fifa avait tenté de dégonfler ces accusations en affirmant que Jérôme Valcke n'était en rien en cause dans ce virement et qu'il ne s'agissait que d'un projet d'aide à la diaspora africaine dans les Caraïbes, au nom de l'Afrique du Sud.

Une décision saluée

"C'est un excellente nouvelle", a assuré à la BBC le président de la fédération anglaise (FA) Greg Dyke après l'annonce de la décision de Sepp Blatter. "Je pense que c'est excellent pour le monde du football. C'est le début de quelque chose de nouveau. La Fifa dans son ensemble a besoin de se restructurer. Il doit être question de transparence dans l'avenir, mais c'est un excellente nouvelle aujourd'hui".

Le ministre français des Sports Patrick Kanner a salué "une sage décision". "Ce changement de gouvernance est bienvenu et devra se traduire par plus de transparence, plus d'éthique, et bien sûr une bonne coopération avec la justice. Je souhaite que très vite une élection redonne à la Fifa les moyens de se reconcentrer sur ses missions essentielles au service du football", a-t-il ajouté.

Michel Platini, actuel président de l'UEFA qui avait appelé à voter pour le prince Ali, a souligné qu'il s'agissait d'une décision "difficile, courageuse" mais qu'il s'agissait de la "bonne décision". Interrogé pour savoir s'il envisageait désormais de se porter candidat, le service de presse de l'UEFA a fait savoir qu'il n'y aurait "pas d'autres déclarations aujourd'hui (mardi)".
 

Avec AFP