Suite aux enquêtes ouvertes pour soupçon de blanchiment et corruption au sein de la Fifa, les partenaires ou principaux sponsors de la Coupe du monde de football craignent les retombées d'un tel scandale sur leur image de marque.
Visa, la marque de carte de paiement, a même menacé de se désengager. Faute de changements, "nous avons informé (la Fifa) que nous réévaluerions notre parrainage", a fait valoir l'entreprise dans un communiqué, évoquant ses "profondes déception et inquiétude".
"Cette longue controverse a terni la mission et les idéaux de la Fifa et nous avons déjà exprimé de façon répétée nos inquiétudes sur ces accusations sérieuses", a réagi pour sa part Coca-Cola, qui verse une trentaine de millions de dollars à la Fifa par an.
Même son de cloche chez le géant du fast-food McDonald's qui a souligné prendre "très au sérieux" les problématiques ayant trait à l'éthique et à la corruption, et jugé "extrêmement inquiétantes" les révélations de la justice américaine.
Idem pour le brasseur belgo-brésilien AB Inbev, autre sponsor important par le biais de sa marque de bière Budweiser, qui souhaite que "tous ses partenaires maintiennent de grandes exigences en matière d'éthique et opèrent dans la transparence".
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Nike coopère
L'équipementier sportif allemand Adidas a, de son côté, souligné qu'il maintenait son soutien financier au football mais a encouragé la Fifa "à continuer de mettre en place et à respecter des normes conformes à la transparence dans tout ce qu'elle fait".
Son concurrent américain Nike, a lui affirmé "coopérer" avec l'enquête américaine qui, sans le citer nommément, l'identifie toutefois assez précisément. "Nous avons coopéré et continuerons de coopérer avec les autorités", écrit la marque à la célèbre virgule dans une déclaration.
'Pression politique et commerciale'
"Toutes ces entreprises doivent réagir comme si elles faisaient partie de la solution. Elles doivent prendre les devants en réclamant un grand nettoyage, ou menacer de retirer leur soutien à terme", souligne David Carter, au Marshall Sports Business Institute à l'Université de Californie du Sud.
Les sponsors "peuvent exercer une pression politique et commerciale. Ils ont du poids et peuvent s'en servir s'ils estiment que ce scandale de corruption est avéré et peut potentiellement à long terme avoir des effets négatifs", souligne-t-il.
Andrew Zimbali, du Massachusetts Smith College, estime pour sa part que "c'est une bonne journée pour la Fifa car c'est le début du grand nettoyage d'une organisation corrompue qui se détruisait elle-même". Selon lui, la plupart des sponsors connaissaient déjà le problème, il vont maintenant pouvoir faire pression pour des réformes.