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La France défend Serge Atlaoui, condamné à mort à Jakarta pour trafic de drogue

Dix ans après son arrestation, le Français Serge Atlaoui est toujours dans le couloir de la mort indonésien. Accusé de trafic de drogue, il assure qu'il est innocent. Vendredi, Paris a mis Jakarta en garde.

Voilà presque dix ans que Serge Atlaoui est emprisonné en Indonésie. Dix ans qu’il clame son innocence après avoir été condamné à mort pour trafic de drogue en 2007, au terme d’un long procès. Dix ans que ses recours s’amenuisent, jusqu’à la grâce refusée le 28 janvier 2015 par le président Joko Widodo, qui a fait de la lutte contre le trafic de drogue une priorité.

Ce Messin de 51 ans a toujours dit avoir été trompé par ses employeurs. Il avait été arrêté en 2005 dans un laboratoire clandestin de production d'ecstasy dans la banlieue de Jakarta. Soudeur de formation, il était arrivé quelques mois plus tôt en Indonésie où il s'était vu proposer un emploi pour installer des machines à distiller dans une fabrique d'acrylique, pour un salaire élevé (2 000 euros par semaine). Il affirme n'avoir fait qu'installer des machines de l'usine, et soutient être ensuite rester sur place pour les réparer en cas de problème. Dans un récent entretien accordé au quotidien régional "Le Républicain Lorrain", il assure n'avoir "jamais manipulé les substances chimiques".

Dernier espoir, le recours en révision

Ces dernières semaines, l’État français a décidé de se mêler de ce dossier. Après avoir exprimé son opposition à l'exécution et convoqué l'ambassadeur indonésien en France, Paris, par la voix de son ambassadrice à Jakarta Corinne Breuzé, a prévenu vendredi 17 avril qu’une mise à mort du ressortissant français aurait des "conséquences" sur les relations entre les deux pays. Il s'agirait de la première exécution légale d'un Français depuis l'abolition de la peine de mort en 1981. Signe que le Quai d’Orsay s’engage davantage, il reprend officiellement la ligne de défense d’Atlaoui en expliquant que ce dernier n’était qu'un "technicien soudeur au rôle mineur dans cette affaire".

Si le récit de Serge Atlaoui n'a pas changé en dix ans, la position de Jakarta non plus. En cas d’échec de l’intervention de la diplomatie française, son dernier espoir sera celui du recours en révision déposé en février par sa défense après le refus de grâce du président. Le 1er avril, un tribunal a décidé de faire suivre son dossier directement à la Cour suprême.

Aucune date n’a été fixée pour la décision finale. Elle pourrait être rapide, au vu de la détermination du pouvoir indonésien. Mais comme le relève "Paris Match", deux Chinois dans la situation d’Atlaoui attendent depuis huit mois.