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"Killer in the cockpit"

Au menu de cette revue de presse internationale, présentée ce vendredi par Sandrine Gomes, les révélations de la presse allemande sur le parcours médical du copilote de la Germanwings, mais aussi sur les derniers instants dramatiques à bord de l'A320. Coup de projecteur aussi sur l'intervention de la coalition des pays arabes sunnites au Yémen.

La presse internationale revient largement sur les révélations de la boîte noire de l’A320 de la Germanwings. Si le Wall Street Journal titre en couverture "le crash semble avoir été intentionnel", le quotidien britannique The Independent n’hésite pas de son côté à frapper fort et à titrer "Killer in the Cockpit": le tueur est dans le cockpit. Le Daily Beast estime pour sa part que le crash était "un crime de masse prémédité". En effet, selon le journal en ligne américain, le copilote ayant choisi de faire d’un coup une plongée à la verticale, il a choisi "l’itinéraire le plus rapide vers la destruction".

Le Bild apporte de son côté de nouveaux éléments sur l’histoire médicale d’Andreas Lubitz mais aussi sur les derniers instants juste avant le crash. Pour le quotidien allemand, ce pilote pourrait avoir été atteint du syndrôme de "l’amok". Une pathologie psychiatrique qui se traduit par une crise de folie qui peut mener au suicide. Dossier médical à l’appui, le journal revient sur ces quelques mois au cours desquels Andreas Lubitz a interrompu sa formation en raison d' un "épisode dépressif lourd" qui le rend alors "incapable de voler". Le pilote était depuis sous traitement "médical particulier et régulier". Le Bild rapporte aussi qu’il traversait une crise personnelle. Il venait de se séparer de sa petite amie.

Le journal allemand dresse aussi une chronologie des dernières minutes à bord de l’avion. Le commandant de bord resté hors du cockpit aurait, dans un acte désespéré,  tenté de détruire la porte blindée du cockpit avec une hache.

Conséquence de ce drame, le New York Times, dans son édito, rappelle qu’il est important aujourd’hui de réduire les risques à bord des avions de ligne. Le journal cite en exemple la législation aérienne américaine. Deux personnes doivent en permanence occuper le cockpit.

La presse internationale revient aussi sur cette intervention armée de pays arabes sunnites au Yémen. Selon le Middle East Monitor – site spécialisé indépendant basé à Londres – l’Iran, puissance qui soutient la rébellion chiite des Houthis aurait fait "un mauvais calcul" et aurait "sous-estimé" la réaction de l’Arabie Saoudite. Une réaction pourtant assez prévisible selon l’auteur de cet article.

Le royaume saoudien avait de multiples raisons d'intervenir : le risque de déstabilisation de la péninsule arabique de plus en plus réel, le danger de voir le port d’Aden, stratégique pour l’acheminement du pétrole saoudien, tomber aux mains des Houthis et enfin, la crédibilité du royaume en tant que protecteur des sunnites de plus en plus concurrencé par Al-Qaida et l’organisation de l’État islamique.

Le journal jordanien Addustour illustre bien l'idée les rivalités séculaires dans cette région du Moyen-Orient avec un dessin où un sabre saoudien vient trancher le bras de l’ayatollah Khamenei qui rêve d’étendre son influence dans la région.