
Au lendemain du piratage des données de Sony Pictures, sa réputation avait été entachée par la publication de ses courriels au contenu douteux. Amy Pascal a quitté ses fonctions à la vice-présidente du groupe.
L’affaire du piratage de Sony Pictures Entertainment (SPE) continue de faire des vagues. La vice-présidente du groupe, Amy Pascal, dont des courriels embarrassants avaient été révélés au grand public, a annoncé avoir démissionné de ses fonctions, mais lancera de nouvelles "activités de production" au sein du studio de cinéma.
Entrée en 1988 chez Columbia Pictures, absorbé depuis par le conglomérat japonais Sony, cette spécialiste de l'industrie du divertissement avait vu sa réputation entachée lorsque des emails douteux qu'elle avait écrits se sont retrouvés étalés dans la presse du monde entier dans la foulée du piratage massif du groupe fin 2014. Certains d’entre eux avaient un caractère raciste, impliquant notamment le président américain Barack Obama, d'autres étaient désobligeants envers des vedettes et des pointures du secteur.
>> À lire sur France 24 : "Grand déballage de potins après le piratage de Sony"
Amy Pascal réalisera "sa transition vers un nouveau poste en mai 2015", précise le communiqué de Sony Pictures. Elle a décidé de "lancer sa propre société qui se concentrera sur le cinéma, la télévision et le théâtre", précise le texte.
"Créativité, volonté, audace"
"J'ai passé presque toute ma vie professionnelle chez Sony Pictures et je suis enthousiasmée à l'idée de commencer ce nouveau chapitre dans une société qui est comme ma maison" car "j'ai toujours voulu être productrice", a commenté l’intéressée. Sa maison de production sera financée entièrement par Sony Pictures Entertainment qui détiendra aussi tous les droits de distribution.
"La créativité, la volonté et l'audace d'Amy ont aidé à définir SPE en tant que studio" et "je suis ravi qu'Amy continue son association avec SPE à travers cette nouvelle entreprise", a pour sa part ajouté Michael Lynton, le directeur général du groupe, qui dans la foulée du piratage et des fuites d'emails s'était retrouvé seul à gérer cette crise auprès des médias.
>> À lire : "Piratage de Sony : Pyongyang y es-tu ?"
En novembre 2014, un groupe de pirates informatiques se faisant appeler les "Gardiens de la paix" (GOP) avait pénétré dans le système informatique de Sony, volant les données personnelles de 47 000 employés et plusieurs vedettes du cinéma américain (documents financiers, scripts, courriels etc.). Beaucoup de ces documents ont été mis en ligne illégalement, tout comme cinq films du studio.
Les pirates exigeaient notamment que le studio renonce à diffuser la comédie parodique sur le leader nord-coréen Kim Jong-un, "L'interview qui tue !". Washington a attribué à Pyongyang l'attaque informatique massive, l'une des plus graves et spectaculaires jamais subies par une entreprise.
Avec AFP