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Des dizaines d'Égyptiennes ont manifesté, jeudi au Caire, pour protester contre la mort de la militante de gauche Shaima Sabbagh, tuée samedi. Reportage de Sonia Dridi, correspondante de France 24 au Caire, qui était sur place.

Elle était venue déposer des fleurs sur la place Tahrir en mémoire des victimes de la révolution. Shaima Sabbagh n'a pas eu le temps d'arriver sur la célèbre place cairote. La militante de gauche a été tuée par des tirs de chevrotine dans le dos, samedi 24 janvier. Sa mort a provoqué une onde de choc au sein de l'opposition de gauche.

Jeudi 29 janvier des dizaines de femmes se sont réunies pour crier leur colère et demander le limogeage du ministre de l'Intérieur. Le parti de la militante, l'Alliance populaire socialiste ainsi que d'autres forces révolutionnaires accusent les policiers d'avoir fait un usage excessif de la force et d'être responsables de la mort de la jeune militante. La police avait en effet dispersé violemment cette marche, interdite en vertu d'une loi édictée par le gouvernement en novembre 2013, interdisant tout rassemblement ou manifestation non autorisé préalablement par le ministère de l'Intérieur. De son côté le gouvernement nie l’implication de la police et a diligenté une enquête.

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"Les policiers sont des voyous", hurlaient ainsi les femmes, qui s’étaient rassemblées à l’endroit même où la jeune mère de famille a été touchée, bravant l’interdiction de manifester sans autorisation.

Plusieurs d'entre elles brandissaient un portrait du ministre de l'Intérieur Mohamed Ibrahim barré par les mots "Tueur de Shaima al-Sabagh" et "Recherché". Entre leurs mains également, la photo de la militante dans les bras d’un de ses amis et avocat qui a tenté de la sauver, Sayed Abou al-Alaa. Il accuse la police d’avoir tiré et de l’avoir empêché, lui et ses amis de la sauver.

Sonia Dridi, correspondante de France 24 s’est rendue sur place et l'a rencontré. Sayed Abou el-Alaa avait été arrêté par la police alors qu'il tentait de sauver la jeune femme. 'Ils ont refusé d'appeler une ambulance et ils empêchaient quiconque qui essayait de l'aider de le faire. Leur ordre était de tous nous arrêter et de laisser Shaima seule sur le trottoir, ensanglantée, sans aucune aide", raconte-t-il à France 24.

Policiers et soldats ont tué plus de 1 400 manifestants pro-Frères musulmans depuis la destitution du président Morsi, et plus de 15 000 personnes ont été emprisonnées, essentiellement des partisans de l'ex-chef de l'État, mais aussi les figures de proue de la jeunesse révoltée de 2011.

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