L'opposant russe Alexeï Navalny a franchi une nouvelle étape dans la provocation, lundi, en coupant son bracelet électronique, arguant que son assignation à résidence était injustifiée après sa condamnation à du sursis.
L'opposant russe Alexeï Navalny, condamné le 30 décembre à trois ans et demi de prison avec sursis pour détournement de fonds, a coupé son bracelet électronique et annoncé, lundi 5 janvier, qu'il cessait de respecter les conditions de son assignation à résidence.
L'ancien meneur des grandes manifestations anti-Poutine de l'hiver 2011-2012 a déclaré sur son blog qu'il était sans doute la seule personne dans l'histoire judiciaire de la Russie à être maintenu en résidence surveillée après avoir été condamné. Il avait été assigné à résidence il y a près d'un an, le temps que la justice enquête sur des soupçons de détournement de fonds.
Il a estimé qu'il aurait dû être libéré après sa condamnation du 30 décembre, alors que le tribunal a ordonné la levée de son assignation pour le 15 janvier, jour de la publication du verdict.
"Je refuse de respecter les obligations de ma détention illégale en résidence surveillée. J'ai coupé le bracelet, avec un peu d'effort, à l'aide d'un couteau de cuisine", a écrit l'opposant, qui ajoute qu'il ne compte pas voyager loin.
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Oleg Navalny, accusé comme son frère Alexeï d'avoir dérobé 30 millions de roubles (environ 400 000 euros au cours actuel) au détriment de deux sociétés dont une filiale du français Yves Rocher, a été condamné à trois ans et demi de prison ferme.
Pour ses partisans, mettre Alexeï Navalny en prison aurait pu donner lieu à de nouvelles manifestations, c'est donc par l'intermédiaire de son frère que la répression s'est exercée.
Après la condamnation, Alexeï Navalny avait déjà enfreint les conditions de son assignation à résidence en rejoignant plusieurs centaines de partisans protestant sous les murs du Kremlin. Il a été rapidement interpellé par la police et reconduit à son domicile.
Avec Reuters