
Dans une école d'enfants de soldats à Peshawar, des Taliban pakistanais ont ouvert le feu mardi sur des enfants et des adultes, tuant 141 personnes. Retour en images sur la pire attaque terroriste qu'ait connu le Pakistan.
Le Pakistan a connu, mardi 16 septembre, son attaque terroriste la plus sanglante. Des Taliban pakistanais ont pénétré dans une école d'enfants de soldats, tuant 141 personnes dont 132 écoliers, pour se venger des récentes offensives de l'armée dans leurs bastions. Un triste record qui surpasse celui de l'attentat qui avait fait 139 morts en octobre 2007 à Karachi (sud) lors du retour au pays de l'ancienne Première ministre Benazir Bhutto.
Signe que l'attaque a choqué l'État au plus haut point, le Premier ministre Nawaz Sharif a dénoncé cette "tragédie nationale" provoquée par des "sauvages", s'est rendu sur les lieux de l'attaque et a décrété trois jours de deuil national.
Les assaillants passaient de classe en classe pour abattre les enfants
L'assaut, qui s'est achevé après plus de sept heures de combat avec la mort des six assaillants, a tenu en haleine le pays et glacé le sang de nombreux observateurs, des survivants ayant raconté comment les Taliban passaient de classe en classe en abattant à la chaîne des enfants parfois âgés d'à peine 12 ans.
Sur son lit d'hôpital, l'un des survivants, Shahrukh Khan, 16 ans, a livré un récit glaçant, racontant comment les Taliban, vêtus d'uniformes militaires, traquaient les enfants cachés sous les bancs pour les tuer. Couché sur le sol, il gardera longtemps en mémoire l'image de ce rebelle "aux grosses bottes noires" qui criblait de balles les étudiants, et comment il s'est tordu de douleur mais retenu de crier lorsqu'il en a reçu deux aux jambes, faisant le mort. Après avoir longtemps "attendu d'être fusillé, les yeux fermés", il perdra connaissance mais se réveillera à l'hôpital, miraculé.
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Selon l'armée, les assaillants, tous munis de vestes explosives, de munitions et vivres pour plusieurs jours, "n'avaient aucune intention de faire des otages" car ils ont "tiré de manière aléatoire (sur les gens) dès leur entrée dans l'école".
Cette attaque a été revendiquée par le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), principal groupe rebelle islamiste du pays, qui a montré qu'il était toujours capable de frapper au cœur des institutions en dépit des offensives militaires qui l'ont affaibli.
Preuve du caractère hors-norme du drame : les Taliban afghans, alliés aux Taliban pakistanais, ont eux condamné l'attaque, estimant qu’elle était "contraire aux règles de l'islam".
Avec AFP