logo

La Catalogne renonce à son référendum sur l'indépendance

La Catalogne a décidé lundi d’annuler le référendum sur son indépendance prévu le 9 novembre. À la place de scrutin, jugé anticonstitutionnel par Madrid, l'exécutif catalan propose d'organiser une "consultation citoyenne", le même jour.

Après avoir tenté de surmonter l’opposition du gouvernement de Mariano Rajoy, la Catalogne a finalement renoncé, lundi 13 octobre, à organiser un référendum sur son indépendance. L'annonce est tombée après une réunion houleuse du président Artur Mas avec les quatre partis pro-indépendance qui soutenaient cette consultation en préparation depuis deux ans. "Le gouvernement a constaté que la consultation ne peut pas se tenir", a déclaré à des journalistes Joan Herrera, dirigeant de Iniciativa per Catalunya.

Contrairement à la Grande-Bretagne qui avait accepté que l'Écosse se prononce sur son indépendance - elle l'a rejetée le 18 septembre - le gouvernement conservateur espagnol a estimé que le scrutin était tout simplement anti-constitutionnel et que les questions de souveraineté nationale relevaient de l'ensemble de la population espagnole. Le 29 septembre, Rajoy avait d’ailleurs saisi le Tribunal constitutionnel qui avait interdit provisoirement cette consultation populaire et suspendu les textes de loi adoptés par la Catalogne pour organiser ce scrutin.

Tenir un autre scrutin par "voie légale et pacifique", le 9 novembre

Il devenait dès lors compliqué pour les dirigeants catalans d’organiser un vote de facto illégal et d’obliger les fonctionnaires et les policiers à y participer. "La Catalogne est déterminée à manifester ses souhaits par la voie légale et pacifique (...)", a déclaré à des journalistes à Barcelone Felip Puig, un membre de l’exécutif catalan. Artur Mas, le président de la Catalogne, a proposé comme alternative la mise en place, le 9 novembre toujours, d’une "consultation des citoyens", dont la forme reste encore à préciser. "Il y aura une consultation (...) mais elle ne sera pas fondée sur le décret", que j'avais signé pour organiser le référendum", a-t-il déclaré

La Catalogne, fière de produire un cinquième de la richesse de l'Espagne, est soulevée depuis des années par une fièvre indépendantiste attisée par la crise économique et l'intransigeance du Parti conservateur, qui a une majorité absolue au Parlement espagnol.

Dans ce bras de fer, la fermeté de Rajoy, qui a repoussé toutes les tentatives de Mas pour obtenir de Madrid ce que l'Écosse avait obtenu de Londres, a braqué contre lui de nombreux Catalans, au-delà des indépendantistes, qui réclamaient le droit de voter. Près de 80 % des Catalans se disent en effet favorables à un référendum, que ce soit pour voter pour ou contre l'indépendance. Le 9 septembre dernier, jour de la Catalogne, ils étaient 1,8 million, selon la mairie de Barcelone, à réclamer ce scrutin dans une gigantesque manifestation.

Avec AFP