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À l'ONU, le Mali réclame "une force de réaction rapide"

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, qui craint que le Mali ne devienne un repaire de jihadistes, a demandé mercredi à l'ONU de déployer une "force d'intervention rapide" dans le nord, à la suite d'attaques meurtrières.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a, mercredi 8 octobre, demandé à l'ONU d'envisager le déploiement d'une "force d'intervention rapide" dans le nord du Mali. Sa demande fait suite à une série d'embuscades meurtrières contre les casques bleus de la Mission locale des Nations unies (Minusma).

"Peut-être le Conseil devrait-il envisager la mise en place d'une force d'intervention rapide capable de lutter efficacement contre les éléments terroristes ?", s'est interrogé le ministre, qui s’adressait aux 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU.

Abdoulaye Diop craint que le pays "court une nouvelle fois le risque de devenir la destination pour une horde de terroristes". Pour le ministre malien, "au regard du retour en force des jihadistes dans le nord du Mali et de la multiplication des agressions contre la Minusma, le Conseil de sécurité se doit de prendre urgemment les mesures nécessaires afin que la Minusma soit dotée de moyens appropriés pour exécuter pleinement son mandat".

L’inquiétude concernant la sécurité des soldats de la Minusma s’est accrue au Mali, suite à la mort de 10 casques bleus, dont un sénégalais et 9 nigériens, tués dans différentes embuscades depuis début octobre.

La Minusma livrée à elle-même

Par ailleurs, Abdoulaye Diop a également appelé le Conseil à faire pression sur les groupes armés qui participent à des négociations à Alger pour ramener la paix au Mali. Le ministre malien souhaiterait les inciter à "négocier de bonne foi" un accord et à "se démarquer des groupes terroristes (..) sous peine de sanctions".

De son côté, le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Herve Ladsous, a jugé la situation "intolérable", alors que les troupes françaises ont réduit leur présence dans le Nord du Mali, laissant les casques bleus seuls dans la région rebelle.

Avec la réduction des forces françaises dans le nord du Mali et compte tenu de l'absence des forces maliennes "dans beaucoup d'endroits" de cette région, a-t-il expliqué, "la Minusma est en fait la principale présence internationale sur le terrain et une cible pour tous les fauteurs de troubles et jihadistes". Selon Herve Ladsous, la fréquence des attaques a augmenté substantiellement avec la "quasi-disparition" des forces maliennes. Il a toutefois réaffirmé que l'ONU entendait renforcer les moyens de protection et d'action de la Minusma.

Avec AFP et AP

Tags: Mali, ONU, Minusma,