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L'ex-Séléka "ne participera pas au prochain gouvernement" dirigé par un musulman

Au lendemain de la nomination de Mahamat Kamoun, un musulman, en tant que nouveau Premier ministre en Centrafrique, l'ex-rébellion Séléka a annoncé qu'elle ne participerait pas au gouvernement et conteste la nomination du chef du gouvernement.

C’était l’un des enjeux après la signature d’un accord de cessez-le-feu à Brazzaville, il y a deux semaines, entre protagonistes de la crise centrafricaine : intégrer l'ex-coalition Séléka, à dominante musulmane, à la transition. Le Premier ministre sortant André Nzapayéké avait démissionné et la présidente Catherine Samba Panza avait promis un nouveau gouvernement de "large ouverture".

Mais mardi, le porte-parole de l'ex-rébellion, Abou Mal Mal Hissène a été clair : "La Séléka ne participera pas au prochain gouvernement." Il explique que "la présidente de la transition [Catherine Samba Panza] n'a pas tenu compte des avis de la Séléka, qui contrôle encore la majeure partie" de la Centrafrique, pour faire son choix . Pire, il a assuré que l'ex-coalition rebelle, aujourd'hui minée par les divisions, avait appris la nomination du nouveau Premier ministre "à travers les médias étrangers".

L'ex-Séléka ne considère pas le nouveau Premier ministre comme un des siens

Mahamat Kamoun, l’homme qui a été choisi pour diriger le nouveau gouvernement, était jusqu’ici ministre conseiller de la présidente Samba Panza. Il avait auparavant été directeur général du Trésor sous le président François Bozizé (renversé en mars 2013) mais aussi directeur de cabinet de Michel Djotodia, le chef de la Séléka, au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014.

La nomination de ce musulman – une première depuis l’indépendance du pays – au poste de Premier ministre aurait pu être perçue comme un signe positif. Mais les "responsables militaires [de la Séléka], dans leur majeure partie, ne cautionnent pas la nomination de Mahamat Kamoun, qu'ils ne considèrent pas comme un [des leurs]", a commenté une autre source au sein de l'ex-coalition rebelle.

La présidente de transition "a reçu presque toutes les entités nationales au cours des différentes consultations qui ont été organisées du 6 au 8 (août)" pour choisir le Premier ministre, a déclaré son porte-parole, Clément Anicet Guiyama Masogo. La présidente avait souhaité que "chacune des entités propose au moins un nom pour le poste de Premier ministre et des noms pour les postes de ministres", a-t-il expliqué. "Sur les douze entités qui ont été reçues, il y en a neuf qui ont fait des propositions. L'ex-Séléka n'a rien proposé."

La transition politique reste donc en panne en Centrafrique.

Avec AFP

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