Dans un entretien accordé à "The Atlantic", l'ancienne secrétaire d'État américaine Hillary Clinton déplore le fait que le président américain n'ait pas suffisamment aidé l'opposition pour qu'elle empêche les djihadistes de prendre racine en Syrie.
L’ancienne chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton n'a pas changé d'avis. Dans une interview publiée dimanche 10 août dans l’hebdomadaire "The Atlantic", celle qui est pressentie comme candidate à la prochaine primaire démocrate, a rappelé qu'elle avait demandé, très tôt, un soutien militaire américain à l'Armée syrienne libre (ASL), et regretté certains choix du président Obama en Syrie.
Selon Hillary Clinton, Barack Obama n'a pas agi assez rapidement lors du début de l’insurrection en Syrie. "Le fait de ne pas avoir aidé à mettre une armée opérationnelle sur pieds avec ceux qui ont été à l’origine des manifestations contre Assad - il y avait là des islamistes, des laïcs et tout ce qui se trouvait entre les deux - a créé un vide que les djihadistes ont aujourd’hui rempli", a expliqué l’ancienne secrétaire d’État.
Les djihadistes "désirent s'étendre"
Pour elle, la menace djihadiste concerne le monde entier : "L’une des raisons pour lesquelles je m’inquiète de ce qui se passe au Moyen-Orient en ce moment, c’est que les groupes de djihadistes ont une grande capacité d'essaimage, ils peuvent potentiellement affecter l’Europe et les États-Unis. Les groupes djihadistes gouvernent des territoires. Mais ils n'y resteront pas. Ils désirent aussi s'étendre".
Face à ce danger, elle en appelle à établir des lignes directrices plus claires. "Les grandes nations ont besoin de principes directeurs, et 'ne pas faire de choses idiotes' n’est pas un principe directeur", a-t-elle ainsi résumé, citant un slogan de Barack Obama.
Pour appuyer ses propos, Hillary Clinton a laissé entendre qu’il fallait s'inspirer du passé : "Nous avons fait du bon travail en réussissant à contenir l’Union soviétique, même si nous avons fait beaucoup d’erreurs en soutenant de mauvaises personnes, en l’Amérique latine et dans le sud-est de l’Asie. Nous avons suivi une sorte de plan général qui a finalement mené à la défaite de l’Union soviétique et à la chute du communisme".
Un premier pas dans la campagne ?
Pour Jonathan Ernst, le journaliste qui a réalisé l'interview, cette prise de position montre qu’Hillary Clinton est déjà en campagne pour la prochaine élection américaine prévue le 8 novembre 2016. "Certains observateurs politiques m’ont dit que ce n’était qu’une question de temps avant qu'Hillary Clinton ne marque ses différences avec Obama. J’ai l’impression que c’est déjà le cas", explique-t-il.
Au cours de cet entretien, Hillary Clinton s’est aussi exprimée sur le conflit israélo-palestinien. L’ancienne secrétait d’État a apporté son soutien à Israël et son Premier ministre Benjamin Netanyahu : "Je pense qu’Israël a fait ce qu’il devait faire pour répondre aux roquettes. Il a le droit de se défendre". Pour elle, le Hamas est responsable de la situation : "Il ne fait aucun doute dans mon esprit que le Hamas a déclenché le conflit".