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À Vienne, les négociations sur le nucléaire iranien teintées de pessimisme

Les chefs des diplomaties des puissances occidentales ont montré peu d'optimisme, dimanche, quant à une percée rapide dans les négociations sur le nucléaire iranien. De son côté, Téhéran a rappelé que la confiance devait aller "dans les deux sens".

"Une percée rapide est improbable aujourd'hui", a reconnu le chef de la diplomatie britannique William Hague, à propos du dossier sur le nucléaire iranien, lors de son arrivée à Vienne, dimanche 13 juillet. Un pessimisme partagé par les autres chefs des diplomaties des puissances occidentales, réunis dans la capitale autrichienne pour tenter d'aplanir "des divergences très importantes" avec Téhéran.

Les ministres américain John Kerry, britannique William Hague, allemand Frank-Walter Steinmeier et français Laurent Fabius étaient présents. "Nous allons voir de quelle marge nous disposons pour faire des progrès avant le 20 juillet", date butoir à laquelle un accord définitif est censé avoir été conclu, a affirmé William Hague.

La communauté internationale cherche à obtenir de fermes garanties sur la nature strictement civile du programme nucléaire iranien, en échange de la levée des sanctions qui asphyxient l'économie de ce pays.

Les différends portent essentiellement sur la capacité d'enrichissement d'uranium réclamée par l'Iran. À un niveau élevé, l'uranium peut servir à fabriquer une bombe atomique. À un faible degré, il sert de combustible aux centrales nucléaires pour la production d'électricité.

La confiance doit aller "dans les deux sens"

En réaction au pessimisme occidental, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a déclaré sur son compte Twitter que "la confiance [devait] aller dans les deux sens". "Je ne m'engagerai pas dans un jeu de critiques réciproques ou de manipulations [...] mais dans un effort sincère pour parvenir à un accord", a-t-il déclaré.

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À Vienne, les négociations sur le nucléaire iranien teintées de pessimisme

"J'attends la même chose" des négociateurs du groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), réunis à Vienne pour tenter de parvenir à un accord global sur le programme nucléaire de Téhéran d'ici au 20 juillet, a-t-il ajouté.

De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a prévenu que toute entente sur le nucléaire avec l'Iran qui laisserait au pays la capacité d'enrichir de l'uranium serait "catastrophique". "Ce serait un désastre pour les États-Unis et pour tout le monde", a-t-il souligné.

Depuis la signature d'un accord intérimaire historique conclu à Genève en novembre 2013, assurant le gel du programme nucléaire contre une levée limitée des sanctions, les négociations se sont enchaînées pour tenter de parvenir à un accord définitif, censé être conclu au 20 juillet.

"Si nous pouvons parvenir à un accord d'ici au 20 juillet : bravo ! Si nous ne pouvons pas, il y a deux possibilités : ou nous prolongeons nos discussions, ou nous devrons dire que malheureusement il n'y a pas de perspective d'accord", a pour sa part déclaré Laurent Fabius.

Avec AFP