
Presse française, lundi 26 mai 2014. Au menu de cette revue de presse, la victoire du Front national aux élections européennes. Un résultat annoncé, mais dont l'ampleur surprend.
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La presse française revient bien sûr largement sur l’arrivée en tête du Front National aux européennes. Une victoire annoncée, mais dont l’ampleur surprend : 26 % des voix. C’est à la fois un résultat historique pour le FN à une élection nationale, et un record européen - un "big bang" d’après "Le Parisien".
"Camouflet" pour l’Europe, "désaveu" pour Hollande, "humilié", défaite pour le PS, "écrasé", et pour l’UMP, "désarçonnée": "L'Opinion" évoque un "carnage".
"Bien sûr, écrit 'Le Figaro', pour se rassurer, on invoquera la faiblesse de la participation qui relativise la portée de l’élection. On parlera de 'vote défouloir'. On dressera la liste de tous ces partis qui, triomphateurs aux européennes, se sont brutalement dégonflés au scrutin suivant. Tout cela n’est pas faux: en politique, rien n’est écrit, et surtout pas qu’une victoire en entraîne une autre. Mais le contraire n’est pas écrit non plus". "Le Figaro" parle d’un "21 avril européen". "La France est sortie, et sans doute durablement, d’une logique bipolaire pour entrer dans un jeu à trois".
Le FN a bénéficié de l’abstention élevée et de la mobilisation de son électorat. C’est ce qu’explique le politologue Joël Gombin dans "Libération", en relevant ce paradoxe: si le FN et les autres nationalistes européens parvenaient à former un groupe, cela pourrait pousser les partis traditionnels à plus de consensus, et donc conduire les populistes à alimenter ce qu’ils dénoncent.
En attendant, le FN continue sa progression. Qui sont au juste ses électeurs ? Selon "Le Figaro", le vote frontiste serait "surreprésenté" chez les jeunes et les catégories modestes. 68 % des électeurs frontistes auraient voté en fonction des enjeux nationaux: sur l’immigration, pour 85%, sur la sécurité, 53%, et sur l’emploi, 48%.
Après ses bons scores aux municipales, le FN confirme son implantation, perçue comme l’échec de toute la classe politique française. Le site Rue89 parle de "faillite", en égrenant la liste des perdants: en premier lieu, le PS, et son score "pathétique", le Front de Gauche, et l’UMP, auquel le FN aurait "volé la vedette", notamment du fait de la guerre des chefs, et des "affaires".
"L’austérité et les promesses trahies provoquent une grave crise politique en France", titre "L’Humanité", en accusant la droite comme la gauche d’appliquer l’austérité voulue à Bruxelles.
La victoire du FN est perçue comme la manifestation d’une poussée euro-sceptique. "Le Front national ne risque pas de se sentir seul au Parlement européen", écrit Le Point, qui évoque "le triomphe de l’euro-démagogie".
Euro bashing? "Depuis longtemps, écrit le professeur d’économie Charles Wyplosz sur le site du 'Figaro', les gouvernements se défaussent sur la Commission. Il faut admettre que c’est très pratique". "Ces élites (européennes) imaginent des solutions clean, parfaitement technocratiques, parce que la démocratie, c'est aléatoire, compliqué, sujet à démagogie". Mais "quand on se méfie de la démocratie, on rencontre le populisme. Nous y voilà".
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