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Riyad, qui entretient des relations complexes avec Téhéran, se dit prête à "négocier", afin d’améliorer leurs relations et a transmis une invitation officielle au ministre des Affaires étrangères iranien, Mohamad Javad Zarif.

Le prince Saoud al-Fayçal, ministre saoudien des Affaires étrangères, a affirmé, mardi 13 mai, que son pays était disposé à "négocier" avec son voisin iranien dans la perspective d’une amélioration les relations entre Ryad et Téhéran.

"L'Iran est un voisin, avec lequel on a des relations, et avec qui nous allons négocier", a déclaré à la presse le prince saoudien Saoud. Il a précisé qu'une invitation pour se rendre à Riyad avait été envoyée à son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif.

L'Arabie saoudite, puissance sunnite régionale, avait jusqu'ici ignoré les appels du pied de son voisin chiite. Le président iranien Hassan Rouhani, un modéré, avait multiplié les "messages de fraternité" envers les pays arabes du Golfe depuis son investiture en août dernier. Il a répété ce même message lors d'une visite en mars à Oman, pays arabe du Golfe, qui entretient traditionnellement de bonnes relations avec Téhéran.

Revirement

En décembre, Mohammad Javad Zarif avait lancé une offensive de charme envers les voisins arabes de l'Iran lors d'une tournée dans quatre pays de la région. Il n'a toutefois pas pu se rendre en Arabie saoudite, faute d'invitation.

Le prince Saoud, dont le pays était très critique de l'Iran sur son soutien au régime de Damas ou son programme nucléaire, a tenu, mardi, un discours radicalement différent.

"Nous allons parler avec eux [les Iraniens, NDLR] et nous espérons que les divergences, si elles existent, seront réglées de manière satisfaisante pour les deux pays, a-t-il déclaré. Notre espoir est de voir l'Iran s'associer aux efforts pour rendre la région plus sûre et plus prospère et non pas être un élément d'insécurité de cette même région", a ajouté le prince Saoud.

Inquiétude

Cette déclaration coïncide avec une visite en Arabie saoudite du secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, qui doit rencontrer, mercredi, ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït).

La plupart de ces pays s'inquiètent des conséquences de l'accord intérimaire conclu en novembre entre l'Iran et les grandes puissances, qui prévoit un gel du programme nucléaire iranien en contrepartie d'un allègement des sanctions frappant la République islamique.

Lors d'une visite à Ryad fin mars, le président américain Barack Obama s'était employé à dissiper les appréhensions du roi Abdallah d'Arabie saoudite au sujet de la politique américaine sur la Syrie et l'Iran en lui assurant que les intérêts stratégiques de leurs pays restaient "alignés".

La méfiance entre les pays arabes du Golfe et l'Iran, depuis l'avènement de la République islamique en 1979, s'est récemment accentuée avec le conflit en Syrie, où l'Iran soutient le régime de Damas, qui affronte une rébellion notamment soutenue par certaines monarchies sunnites du Conseil de coopération du Golfe.

Avec AFP