
Un attentat survenu à l'heure de pointe dans une gare routière près d'Abuja, au Nigeria, a tué au moins 71 personnes et en a blessé au moins 124 autres, a annoncé la police nigériane. Les islamistes de Boko Haram sont pointés du doigt.
Un attentat s'est produit lundi matin à l'heure de pointe dans une gare routière en périphérie d’Abuja, la capitale du Nigeria. Frank Mba, porte-parole de la police, a fait état d’au moins 71 morts et 124 blessés.
L'explosion a été provoquée par un véhicule à l’intérieur de la gare routière de Nyanya qui se situe à quelque 5 km au sud de la capitale fédérale. De nombreux passagers se rendant au travail s'y trouvaient lorsqu'une bombe a explosé à 06h45 du matin (07h45 à Paris). Les témoins ont rapporté que le sol de la gare était jonché de lambeaux de chair et de sang.
Dans un premier temps, des responsables nigérians ont affirmé que deux explosions distinctes s'étaient produites dans la gare routière avant de déclarer par la suite qu'il n'y avait sans doute eu qu'une seule bombe.
Le président nigérian Goodluck Jonathan, qui s'est rendu sur les lieux de l'attentat, a promis de mettre fin à l'insurrection violente menée par le groupe islamiste armé Boko Haram. À un an des prochaines élections générales, il est très critiqué pour son impuissance face aux islamistes qui évoluent dans le nord et le centre du Nigeria depuis 2009.
Pas de revendication mais Boko Haram suspecté
Boko Haram n'a pas revendiqué l'attentat mais les soupçons se portent sur le groupe. Depuis avril 2012, Abuja n'avait plus été la cible d'attaques des extrémistes, qui réclament la création d'un État islamique dans le nord à majorité musulmane du pays le plus peuplé d'Afrique. Mais Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, a déclaré récemment dans une vidéo que le groupe avait l'intention de mener des attaques en dehors du Nord-Est.
Cette nouvelle attaque jette un nouveau doute sur les affirmations de l'armée selon lesquelles Boko Haram est affaibli et n'est plus capable de frapper des cibles importantes. Les violences attribuées à la secte islamiste ont déjà fait plus de 1 500 morts depuis le début de l'année, selon Amnesty International, et plusieurs milliers de victimes depuis 2009. Mais la plupart des attaques récentes sont concentrées dans le nord-est du Nigeria, son fief historique, où l'armée poursuit depuis près d'un an une vaste offensive contre les islamistes.
Avec AFP et Reuters