
Dans la revue de presse française du 11 avril, les nominations de François Hollande continuent de provoquer un tollé à droite, mais aussi à gauche. La gauche dont une frange radicale s'apprête à descendre dans la rue, samedi, pour demander un changement de cap. Enfin, une note des renseignements révèle une percée du communautarisme musulman en Frace.
"Le Figaro" revient sur ces "nominations qui continuent de provoquer un tollé". Il y a celle de Pierre-René Lemas à la Caisse des dépôts, il y a celle de Jean-Christophe Cambadélis à la tête du PS et surtout, celle d’Harlem Désir comme secrétaire d’État aux Affaires européennes, promu après avoir échoué, nous explique le journal. La droite, mais aussi une partie de la gauche, critiquent ces manœuvres. Un député socialiste, cité par le quotidien, affirme que "si Sarko avait fait ça, on aurait hurlé ! C’est moche, c’est bien de la déméritocratie".
"Le Figaro" insiste, c’est François Hollande qui est à la manœuvre. Selon le journal, c’est bien lui qui s’aprête à parachuter Jean-Christophe Cambadélis à la tête du Parti socialiste. Or, dans son édito, Yves Thréart rappelle le fameux "Moi, président" prononcé dans le débat d’entre deux tours, il y a 2 ans. François Hollande affirmait alors qu’il ne s’immiscerait pas dans les affaires internes des partis. L’éditorialiste écrit que, finalement, le chef de l’État est plutôt "du genre à faire le contraire de ce qu’il dit, sans en avoir l’air".
La colère gronde en tout cas à la gauche du Parti socialiste, qui appelle à descendre dans la rue samedi. C’est à la Une de "L’Humanité" avec cette photo d’un mégaphone : la gauche radicale veut faire entendre sa voix. Syndicats, anticapitalistes, partisans du parti communiste ou de Jean-Luc Mélenchon, venus de toute la France, seront dans les rues de Paris pour réclamer un changement de cap et notamment la fin de l’austérité.
Un événement également à la Une de "Libération" avec ce poing levé. L’appel à manifester vient à l’origine du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), et depuis, plus de 200 organisations politiques et syndicales ont rejoint le mouvement. Une manifestation unitaire, donc, qui ne doit cependant pas laisser croire qu’il y a là l’émergence d’une opposition de gauche radicale unie, explique Libération dans son éditorial. Pour l’instant, il s’agit simplement d’une opposition "hétéroclite", animée par des stratégies divergentes et souvent personnelles, sans plateforme idéologique commune", regrette Eric Decouty, car, poursuit-il, "des alternatives à la politique d’austérité actuelle, il y en a". Notamment des politiques de relance par le pouvoir d’achat, que le journal détaille sur plusieurs pages.
On reparle également des fameuses écoutes de Patrick Buisson avec "Libération", toujours, qui a eu accès aux bandes sonores et en révèle quelques extraits croustillants. En particulier sur les conversations entre Patrick Buisson, Nicolas Sarkozy et certains conseillers au sujet de membres du gouvernement, comme par exemple Brice Hortefeux, taillé en pièce. Buisson affirme que ce type a reçu du "gaz incapacitant". Pour Henri Guaino, le nommer à l’Intérieur était une "erreur". Sarkozy, lui critique son "physique de notable de province qui n’incarne pas la fonction".
Un autre extrait concerne le rôle de Carla Bruni et l'on apprend qu’elle assistait à certaines réunions sur les remaniements. Au grand dam de Patrick Buisson, qui affirme c’est "dur". Car la première dame de l’époque, alors que tout le monde parlait de sujet sérieux, se plaignait des contrats publicitaires auxquels elle avait dû renoncer, en raison de la fonction de "Nicolas", ou de "l’incapacité de ceux qui filment son mari d’en bas". Parfois, Carla Bruni intervenait dans des conversations plus importantes pour affirmer son désaccord avec Patrick Buisson. Ce fut le cas notamment sur le voile islamique. La chanteuse affirmait que chacun devrait pouvoir faire ce qu’il lui plaît.
À propos de voile islamique, encore, "Le Figaro" révèle une note confidentielle des services de renseignement, qui date de novembre dernier. Les services de police s’inquiètent d’une forme de repli identitaire dans certains établissements scolaires. Même si la loi qui interdit le voile à l’école est globalement bien respectée, certaines "initiatives isolées" pourraient être "susceptibles de déstabiliser les équipes enseignantes. Par exemple, le refus de certains élèves de participer au cours de biologie sur la reproduction, ou bien d’aller à la piscine, ou encore le fait que certains parents d’élèves entrent voilés dans les écoles. L’article, qui risque de faire du bruit, peut aussi mettre mal à l’aise tant certains exemples semblent parfois exagérés.