logo

Washington expulse trois diplomates vénézuéliens

Les États-Unis ont déclaré mardi "personæ non gratae" trois diplomates vénézuéliens en poste sur le territoire américain. Cette décision fait suite au renvoi par Caracas, la semaine dernière, de trois agents consulaires américains.

Les autorités américaines leur ont donné quarante-huit heures pour quitter le pays. Mardi 25 février, trois diplomates vénézuéliens se sont vus signifier qu’ils étaient "personæ non gratae" aux États-Unis. Le premier secrétaire consulaire Ignacio Luis Cajal Avalos, son homologue Victor Manuel Pisani Azpurua et le deuxième secrétaire Marcos José Garcia Figueredo ont été priés de quitter le territoire américain, a fait savoir le département d’État, fondant sa décision sur l'article 9 de la Convention de Vienne qui régit les relations diplomatiques. “Cette convention permet aux États-Unis de déclarer tout membre d’une mission diplomatique persona non grata à tout moment et sans avancer de raison”, a expliqué Washington.

Représailles

Cette mesure de rétorsion était attendue depuis une semaine, après que la décision similaire adoptée par Caracas contre trois agents consulaires des États-Unis. Le gouvernement vénézuélien a accusé les diplomates américains d’avoir recruté des étudiants pour organiser des manifestations contre le président Nicolas Maduro, ce que dément Washington.

Depuis le 12 février, les violences ont fait 13 morts au Venezuela. Lundi soir, lors d’un discours devant les gouverneurs des États vénézuéliens, Nicolas Maduro s’en est une nouvelle fois pris aux États-Unis : “Ils (les Américains) pensent que nous nous entretuons. Ils pensent que nous ne pouvons pas sortir dans la rue. Ils demandent une intervention militaire américaine au Venezuela. Quelle folie ! Si cela devait se produire, nous défendrions tous notre pays les armes à la main”, a ajouté le président, estimant que “la société américaine doit savoir la vérité sur le Venezuela”.

Maduro essaie de renouer le dialogue

Depuis début février, les autorités sont confrontées à une forte mobilisation étudiante,  soutenue par l'opposition, contre l'insécurité et la vie chère. Des manifestations sporadiques se sont poursuivies mardi 25 février à Caracas, où des étudiants ont érigé des barricades dans plusieurs quartiers de la capitale.

Nicolas Maduro a convoqué pour mercredi une conférence "pour la paix" à laquelle "tous les courants sociaux, politiques, corporatistes, religieux" ont été invités. Le président socialiste, élu il y a onze mois, n’a toutefois pas détaillé les modalités de ce qui est présenté comme un dialogue national sans exclusive pour tenter d'apaiser le mouvement de protestation étudiant, qui a donné mardi des signes d'essoufflement.

Henrique Capriles, battu d'un cheveu par Nicolas Maduro lors de l'élection présidentielle d'avril, a déjà annoncé qu'il n'y participerait pas, se disant lassé des "mensonges" du président et de la répression policière contre la jeunesse.

Avec Reuters et AFP