
Le gouvernement apolitique de Mehdi Jomaâ a obtenu la confiance de l'Assemblée tunisienne, dans la nuit de mardi à mercredi. Il aura pour principale mission d'organiser des élections législatives et présidentielles dans l'année.
Le nouveau gouvernement tunisien, composé d'indépendants, a obtenu la confiance de l'Assemblée dans la nuit de mardi à mercredi 29 janvier. Il succède au cabinet dirigé par les islamistes d’Ennahda, avec pour mission principale d'organiser dans l'année des élections législatives et présidentielles.
L’équipe du Premier ministre Mehdi Jomaâ a recueilli le vote de 149 députés, 20 contre et 24 se sont abstenus ; le chef du gouvernement s'attendait à recueillir le soutien d'au moins 109 élus.
Jomaâ demande le soutien de la communauté internationale
La formation de ce gouvernement a été le résultat de plusieurs semaines de négociations ayant inclus l'essentiel de la classe politique. Dans la matinée, Mehdi Jomaâ, qui a pris ses fonctions le 10 janvier, avait annoncé ses priorités dans son discours de politique générale, insistant sur la nécessité de rétablir la sécurité face au "terrorisme" et de créer les conditions pour relever une économie en berne, principale préoccupation de la population.
Il ne faut "pas oublier les difficultés de cette période de transition : sécuritaires, économiques, sociales et politiques. Le but suprême est d'aller vers des élections libres et intègres", a-t-il martelé.
"Les amis de la Tunisie et les institutions internationales doivent soutenir financièrement la Tunisie dans cette délicate phase de transition démocratique", a poursuivi Mehdi Jomaâ devant l'Assemblée nationale. Et d’ajouter : "Cette transition nécessitera des réformes économiques et des sources de financement."
Des ministres contestés
Le chef du gouvernement tunisien a confié des postes clés à des hommes d'expérience, attribuant le portefeuille des Finances à un économiste passé par la Banque africaine de développement (BAD), Hakim Ben Hammouda, et celui des Affaires étrangères à un ancien responsable de l'ONU, Mongi Hamdi.
Toutefois, de nombreux députés tunisiens ont vivement critiqué certains membres du nouveau gouvernement, accusant certains d'avoir occupé des fonctions importantes sous de l'ancien régime de Zine El Abidine Ben Ali, renversé par la révolution en 2011. Parmi eux, le candidat au poste de ministre de la Justice, Hafedh Ben Salah. Le chef du gouvernement, Mehdi Jomaâ a assuré avoir fait son choix sur la base de "la compétence, l'indépendance et l'intégrité", tout en promettant de se pencher sur les accusations contre ses ministres accusés d'avoir servi l'ancien régime.
"S'il y a des ministres qui ne répondent pas à l'un de ces trois critères, je m'engage à réviser" la composition du cabinet, a déclaré le Premier ministre. Il a, par ailleurs, défendu sa candidate au poste de ministre du Tourisme, Amel Karboul, après qu'elle a été attaquée pour avoir fait des déplacements professionnels en Israël.
La formation de ce gouvernement constitue la dernière étape de "la transition vers la démocratie" entamée en janvier 2011. Son entrée en fonction intervient quelques jours après l'adoption le 25 janvier, de la nouvelle Constitution, rédigée dans le consensus malgré un climat politique marqué par une profonde méfiance entre les islamistes et leurs opposants.
Avec AFP et Reuters
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