
Un soldat israélien a été tué dimanche par des tirs venant du Liban le long de la frontière. L'auteur des tirs serait un membre de l'armée libanaise. Israël affirme avoir ouvert le feu en riposte contre deux Libanais, probablement des soldats.
Un soldat israélien a été tué dimanche 15 décembre au soir par des tirs venant du Liban, le long de la frontière israélo-libanaise, a annoncé un communiqué militaire. "L'armée confirme officiellement qu'un soldat des forces de défense israéliennes a essuyé des tirs alors qu'il conduisait près de Rosh Hanikra", tout près de la frontière avec le Liban, a ainsi indiqué le communiqué. "Le soldat a été soigné sur place puis évacué vers un hôpital. Il est mort ensuite de ses blessures", a ajouté l'armée. Selon les premières investigations, l'auteur des tirs serait un membre des forces armées libanaises.
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Lundi, l'armée israélienne a affirmé avoir ouvert le feu sur deux Libanais, peu après les tirs qui ont tué le soldat israélien, en évoquant le droit de légitime défense. "Après l'incident, nous nous sommes rendus sur place pour mener des recherches dans le cadre de l'enquête. Nous avons vu deux suspects de l'autre côté de la frontière", a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'armée Arye Shalicar. "Nous avons tiré sur eux et avons constaté qu'au moins l'un d'entre eux avait été touché. Nous pensons qu'il s'agissait de soldats libanais, impliqués dans les tirs contre le soldat" israélien, a-t-il dit. Selon la presse israélienne, la réplique de l’État hébreu se serait soldée par la mort de deux soldats libanais.
État d'alerte relevée
De son côté, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dit avoir été informée d'un "grave incident" à la frontière."Nous nous efforçons maintenant de déterminer le déroulement des faits", a déclaré le porte-parole de la force onusienne, Andrea Tenenti. "Le commandant de la Finul est en contact avec ses homologues des armées libanaise et israélienne pour les exhorter à la retenue."
Selon lui, l'incident semble s'être produit du côté israélien de la "ligne bleue" marquant la séparation entre les deux pays. La "ligne bleue" est celle tracée en 2000 par l'ONU lors du retrait des troupes israéliennes du sud du Liban, après une occupation de 22 ans.
L'État hébreu a saisi la force onusienne déployée au Sud-Liban et a relevé son état d'alerte à la frontière, a expliqué Peter Lerner, un porte-parole militaire. "Nous ne tolérerons pas d'agression contre l'État d'Israël et nous nous réserverons le droit à l'autodéfense contre les auteurs d'attaques contre Israël et ses citoyens", a-t-il déclaré.
Assassinat d'un chef du Hezbollah
Plusieurs incidents ont eu lieu à la frontière ces derniers mois. Ainsi, jeudi dernier, l'armée israélienne avait fait état de coups de feu tirés par des "chasseurs" à la frontière libanaise. Des soldats israéliens avaient riposté mais l'incident n'avait pas fait de blessé.
Le 7 août dernier, l'armée libanaise a annoncé que des soldats israéliens avaient été blessés par des explosions lors d'une incursion de 400 mètres à l'intérieur du territoire libanais. L'armée israélienne, elle, avait évoqué quatre soldats blessés, sans préciser de quel côté de la ligne ils se trouvaient. Ces explosions avaient été ensuite revendiquées par le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, considéré comme l'ennemi juré d'Israël. C'était la première fois depuis la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah que le puissant parti armé libanais, parrainé par l'Iran et le régime syrien, s'attribuait la responsabilité d'une opération contre l'armée israélienne.
Le Hezbollah a récemment accusé directement Israël d'avoir assassiné l'un de ses chefs près de Beyrouth.
Le dernier conflit majeur à la frontière entre Israël et le Liban s'est déroulé au cours de l'été 2006. Il a opposé pendant 34 jours les forces israéliennes au mouvement chiite libanais du Hezbollah.
Avec AFP et REUTERS