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Gérard de Villiers, auteur des romans d'espionnage "SAS", est mort

Gérard de Villiers, l'auteur des près de 200 romans d'espionnage de la série à succès "SAS", est mort jeudi à Paris. Il avait 83 ans. Conformément à ses souhaits, son décès a été annoncé vendredi sur Twitter par son avocat.

L'écrivain Gérard de Villiers, auteur des "SAS" dont il venait de publier le 200e épisode, est décédé jeudi 31 octobre à Paris à l'âge de 83 ans "des suites d'une longue maladie", a annoncé vendredi dans un tweet son avocat Eric Morain.

"Il avait souhaité que son décès soit annoncé comme cela", a précisé à l'AFP Me Morain, qui était son avocat depuis une quinzaine d'années. "Le Prince Malko Linge est orphelin : l'écrivain Gérard de Villiers est décédé hier à Paris à 83 ans des suites d'une longue maladie", a annoncé l'avocat sur Twitter. Le Prince Malko Linge, c’est cet aristocrate désargenté et agent de la CIA, dit Son Altesse Sérénissime. Soit le fameux SAS.

Christine de Villiers, l'épouse de l'auteur et dirigeante des éditions Gérard de Villiers, confirme la disparition. "En mai, on lui avait diagnostiqué un cancer du pancréas avec des métastases au foie", a-t-elle indiqué par téléphone à l'AFP.

Honoré par le "New York Times"
Gérard de Villiers était discret sur la chimiothérapie qui l'avait fragilisée. Il racontait en revanche plus volontiers l’accident vasculaire cérébral qui l’avait frappé en 2010, le faisant sortir de l’autoroute alors qu’il était au volant de sa Jaguar. Mais cet accident ne l’a jamais arrêté.
En 2012, il repassait dix jours en Afghanistan pour sa dernière enquête. Dix jours en déambulateur. Et avant cela, il était reparti en Libye, en Russie, au Liban et au Mali. Cet ancien journaliste avait le goût des enquêtes au long cours, toujours sur le terrain. Il a arpenté plus de 130 pays pour situer ses romans. Début février, le "New York Times" l'avait consacré comme "l'auteur de romans d'espionnage qui en savait trop".
Plus de 120 millions de SAS vendus
Avec quatre SAS publiés par an, Gérard de Villiers, né le 8 décembre 1929 à Paris, assurait ignorer le nombre exact de livres vendus depuis 1965 et la publication de "SAS à Istanbul", le premier de la série, il y a près d'un demi siècle : "Sans doute entre 120 et 150 millions tous pays confondus", avançait-il en mars dernier.
Son chat birman sur les genoux, dans le salon de son immense appartement à deux pas de l'Arc de Triomphe, il citait quelques-unes des langues dans lesquelles les aventures de SAS ont été traduites : italien, allemand, russe, grec, japonais ou coréen. "Sans compter les éditions pirate", ajoutait-il.
Géopolitique, sexe hard et torture
Sur la couverture, la photo d'une jeune femme à la poitrine avantageuse, portant un pistolet ou un fusil d'assaut. A l’intérieur, Son altesse sérénissime (SAS) à la poursuite des méchants - les communistes dans les années 70 et 80, puis les djihadistes à partir des années 90. A chaque livre, la même recette : une grande dose de géopolitique et d'exotisme, quelques scènes de sexe hard, un zeste de violences et de tortures. "Je n'ai jamais eu la prétention d'être un auteur littéraire, expliquait Gérard de Villiers. Je me considère comme un conteur qui écrit pour distraire des gens à qui je n'envoie pas de message".
Régulièrement épinglé pour machisme par des ligues féministes et pour racisme par des organisations des droits de l'Homme, Gérard de Villiers écartait ces accusations en deux phrases : "Certaines femmes sont des objets sexuels dans mes livres mais d'autres sont des femmes belles, intelligentes et courageuses. Je suis toujours bien accueilli en Afrique où je compte de très nombreux lecteurs".
Gérard de Villiers l'avait dit: "Malko Linge, comme tous les héros, n'a pas d'âge. Il ne mourra pas et ne partira pas en retraite. Pas plus que moi".