Les héritiers du comte de Paris, ancien prétendant au trône de France, réclament en justice les biens que leur père a confiés de son vivant à la Fondation Saint-Louis, un organisme d'utilité publique. Un trésor inestimable.
C’est une bataille d’héritiers pas comme les autres. Jeudi 19 septembre, la justice doit décider si elle accorde ou non aux descendants de la Maison d’Orléans – prétendants au trône de France – le droit de retrouver leur trésor.
Les enfants du comte de Paris, décédé en 1999, ont en effet déclenché une procédure judiciaire en 2001 contre la fondation Saint-Louis, un organisme sous tutelle du ministère de l’Intérieur, qui gère les biens historiques reçus de la Maison d’Orléans.
Il s’agit d’un butin réputé inestimable, qui compte entre autres les châteaux d’Amboise (photo) et de Bourbon-L'Archambault, la chapelle royale de Dreux, la chapelle expiatoire de Paris ou encore des dessins de châteaux entourés de remparts du jeune Louis XIV.
Le comte de Paris voulait être le seul prétendant au trône
Selon l’avocat de la famille, le comte de Paris avait cédé son trésor à la fondation afin de ne rien laisser à ses neuf enfants : "Il avait une telle vue de lui-même qu'il ne devait être que le seul prétendant au trône de France", avait expliqué Me Baratelli dans les colonnes du "Figaro" au printemps dernier. L’avocat en appelle au Code civil, selon lequel 75 % du patrimoine doit revenir aux héritiers.
Le 16 mai 2013, date de la première audience, la fondation Saint-Louis avait accepté de faire une concession : elle s’était dite prête à restituer les biens mobiliers reçus en donation du comte de Paris en 1976. Mais les héritiers en veulent plus : le prince Jacques d’Orléans et sa sœur la princesse Hélène d’Orléans, qui critiquent la gestion de la fondation, veulent remettre la main sur les châteaux et les chapelles.
Projet de musée des rois de France
"Ce que nous voulons, c'est que ces biens de famille servent d'écrin à ces mobiliers emblématiques pour qu'ils y soient exposés aux yeux du public", avait plaidé l'avocat des deux princes, déplorant que les dessins de Louis XIV soient "rangés dans un maroquin au fond d'un tiroir". Le prince et la princesse projettent en effet, s’ils gagnent cette bataille, d’exposer ces croquis au sein du château d’Amboise, transformé en musée des rois de France.
Me Thomas Rouhette, avocat de la fondation, lui avait rétorqué que celle-ci était "au service d'une mémoire, de la préservation d'un patrimoine". Selon lui, "les biens immobiliers n'ont rien à voir avec la succession du défunt". "La valeur marchande de ces biens est nulle. Ces biens n'ont que la valeur de l'histoire" avait-il proclamé.
Avec dépêches