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Ségolène Royal dit avoir "obtenu" le transfert à Alger de Christophe Gleizes
En "mission" en Algérie où elle a été accueillie à bras ouverts, l'ex-ministre Ségolène Royal, qui s'est posée en médiatrice dans la crise entre Paris et Alger, a annoncé vendredi avoir "obtenu" le transfert dans la capitale algérienne du journaliste Christophe Gleizes, qui purge une peine de 7 ans de prison pour "apologie du terrorisme".
L’ancienne ministre de l’Éducation, Ségolène Royal, pose avant une audition devant la commission d’enquête sur le contrôle et la prévention de la violence dans les écoles à l’Assemblée nationale à Paris, le 20 mai 2025. © Julien de Rosa, AFP

L'ancienne ministre française Ségolène Royal a affirmé à l'AFP avoir "obtenu" le transfert près d'Alger du journaliste Christophe Gleizes, qu'elle a trouvé "aussi serein que possible" lors d'une entrevue vendredi 30 janvier dans sa prison.

"Il était très heureux de recevoir ma visite" et d'être transféré de la prison de Tizi-Ouzou, à 100 km à l'est d'Alger, où il était détenu depuis juin, car "cela va le rapprocher (de sa famille) et faciliter les visites", a déclaré Ségolène Royal, en remerciant les autorités algériennes.

L'ancienne candidate à la présidentielle française (en 2007) avait dit la veille avoir décroché une autorisation spéciale pour rendre visite au journaliste qui purge une peine de 7 ans de prison pour "apologie du terrorisme".

Elle a souligné, qu'à part ses parents et le cardinal franco-algérien d'Alger, Jean-Paul Vesco, il n'a reçu "aucune autre visite", saluant dans son propre cas un "geste humanitaire" de la part des autorités algériennes.

Ségolène Royal a trouvé "quelqu'un d'aussi serein" que possible pour une personne détenue.

"Il lit beaucoup, notamment des ouvrages sur l'Algérie, fait du sport" et "n'a aucune acrimonie ni ressentiment", a-t-elle estimé, soulignant l'importance pour Christophe Gleizes de la mobilisation en sa faveur en France, même s'"il ne veut être ni instrumentalisé ni surmédiatisé".

"Avant qu'il ne soit trop tard"

L'ancienne ministre socialiste a dit avoir "appuyé" la demande de grâce de sa famille lors d'un entretien à son arrivée à Alger avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Sur le caractère de sa mission, Ségolène Royal a expliqué être venue en tant que présidente de l'Association France Algérie et à l'invitation de la Chambre de commerce et d'industrie algérienne, "pas du tout" en mission officieuse pour le président français Emmanuel Macron.

Est-ce une mission de la dernière chance ? "C'est un peu comme cela que c'est perçu à Alger", a confié Ségolène Royal, pour qui l'autoriser à voir Christophe Gleizes est "déjà un signal considérable", au vu des tensions entre les deux pays.

"Il n'y a plus d'ambassadeurs, un agent consulaire algérien est incarcéré (en France, NDLR) et il y a eu une émission de France 2 (Complément d'enquête, NDLR) qui est vraiment une injure grave à l'Algérie et au président algérien", selon elle.

Outre la restitution des biens culturels spoliés sous la colonisation, elle a préconisé que le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, relance sa visite programmée à Alger, tout comme le président du Medef. "C'est de l'intérêt de la France de venir sur place et régler les problèmes, il faut des coopérations entre services de renseignements" dans la lutte antiterroriste, a-t-elle plaidé.

Raviver les liens économiques est essentiel "avant qu'il ne soit trop tard", selon elle, et que la France ne soit "remplacée par la Chine, la Russie, la Turquie, les autres pays européens, comme ça s'est passé ailleurs en Afrique".

Avec AFP