
À l'heure où l'ONU attend le rapport de ses experts sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, le secrétaire général des Nations unies a déclaré vendredi que le président syrien avait commis "de nombreux crimes contre l’humanité".
Il n’a pas mâché ses mots. Vendredi 13 septembre, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui était resté jusque là assez discret sur l’épineux dossier syrien, a accusé le président syrien de "nombreux crimes contre l’humanité".
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La sortie de Ban Ki-moon laisse entendre que le rapport des experts en armes chimiques de l’ONU – attendu prochainement – devrait en confirmer l’utilisation lors de l’attaque du 21 août dans les faubourgs de Damas.
"Je pense que le rapport sera accablant, accablant sur l’utilisation d’armes chimiques même si je ne peux pas dire cela publiquement avant de l’avoir reçu", a-t-il ajouté lors d’une réunion à l’ONU sans toutefois attribué directement la responsabilité de ce massacre au président syrien. Ban Ki-moon s'est toutefois dit "persuadé que les responsables rendraient des comptes quand tout cela sera fini".
Ban à FRANCE24 : "le Conseil de sécurité aura un rôle à jouer"
"Je crois que la communauté internationale doit prendre des décisions fermes et nécessaires pour s'assurer que ce type de crime ne se reproduise plus jamais et pour que les responsables soient traduits en justice. Je pense que le Conseil de sécurité aura un rôle décisif à jouer ", a-t-il affirmé un peu plus tard dans un entretien exclusif à FRANCE24, qui sera diffusé samedi 14 septembre à 15h30.
François Hollande et les chefs des diplomaties saoudienne, jordanienne et des Emirats arabes unis ont appelé vendredi à "renforcer le soutien international à l'opposition démocratique" en Syrie, à l'issue d'un entretien à l'Élysée.
Ils ont également appelé à la "nécessité de rester ferme à l'égard du régime de Bachar al-Assad".
Les inspecteurs de l’ONU, dont le rapport devrait être rendu public dans les tout prochains jours - lundi 16 septembre sûrement -, n’ont pas pour mission de déterminer qui est à l’origine de l’attaque chimique commise ce jour-là, mais seulement d’en vérifier l’existence.
Le régime syrien dément toute responsabilité dans l’attaque du 21 août. La Russie a accusé les rebelles d'avoir utilisé des gaz toxiques de façon à faire accuser le régime et à provoquer des frappes occidentales contre Damas.
Rencontre entre Kerry, Fabius et Hague lundi
Toujours d'un point de vue diplomatique, après une rencontre à Genève avec son homologue russe Sergueï lavrov, le chef de la diplomatie américaine John Kerry s'entretiendra lundi 16 septembre, à Paris, avec les ministres des Affaires étrangères français et britannique Laurent Fabius et William Hague.
Le chef de la diplomatie française qui sera dimanche en Chine a annulé une visite en Mongolie, qui devait se tenir lundi, en raison de cette rencontre tripartite.
Avec dépêches