
Le ministère israélien du Logement a annoncé dimanche la publication d'un appel d'offres pour construire un millier de logements dans les colonies. Peu avant la reprise des négociations, les Palestiniens jugent que ce geste "n'est pas sérieux".
En dépit de l'engagement d'Israël à une reprise des négociations de paix avec les Palestiniens, le ministère israélien du Logement a annoncé dimanche la publication d'un appel d'offres pour la construction d'un millier de logements dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, peu avant la reprise de pourparlers avec les Palestiniens. "L'appel d'offres va être publié" dans la journée pour 793 unités de logement à Jérusalem-Est et 394 en Cisjordanie, a précisé le ministère dans son communiqué.
Le ministre du Logement, Uri Ariel, issu du parti nationaliste religieux Foyer juif, a rejeté les critiques internationales qui considèrent la colonisation illégale et y voient un obstacle à la paix avec les Palestiniens. "Aucun pays au monde n'accepte de diktats d'autres pays sur les endroits où il peut construire ou pas", a-t-il insisté dans le communiqué. "Nous allons continuer de mettre des appartements sur le marché et de construire partout dans le pays". L'autorisation initiale pour la construction de plus de mille logements a été donnée par le ministre de la Défense Moshe Yaalon il y a plusieurs mois, a précisé un responsable.
Les Palestiniens demandent aux États-Unis de prendre position
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L'appel d'offres prouve qu'Israël "n'est pas sérieux sur les négociations et a l'intention, par ses activités denses de construction dans les colonies, de détruire les bases d'une solution appelée de ses vœux par la communauté internationale qui vise à établir un État palestinien dans les frontières de 1967", a réagi le négociateur palestinien Mohammad Chtayyeh.
Selon lui, cet appel d'offres constitue une nouvelle preuve qu'Israël veut participer aux pourparlers "de façon à servir au mieux ses propres intérêts". Le négociateur palestinien a également demandé aux États-Unis de prendre position "clairement et fermement" pour mettre un frein à ces "attaques israéliennes en Cisjordanie, et particulièrement à Jérusalem".
Un comité interministériel israélien a donné le 11 août son feu vert pour la libération d'un premier groupe de 26 prisonniers palestiniens qui devraient recouvrer la liberté dans les 48 heures. Cette mesure s'inscrit dans le cadre des pourparlers de paix israélo-palestiniens qui ont repris le 30 juillet à Washington sous l'égide des États-Unis. Au total, 104 détenus palestiniens seront libérés en quatre fois.
À Jérusalem-Est, les appels d'offres porteront sur des logements à Har Homa et Gilo, au sud de la ville, et à Pisgat Zeev au nord. En Cisjordanie, ils concerneront essentiellement les colonies d'Ariel, de Maaleh Adoumim (à l'est de Jérusalem), Efrata (près de Bethléem) et Beitar.
Reprise des négociations israélo-palestiniennes prévue le 14 août
Le département d'État américain avait annoncé jeudi que les négociateurs palestiniens et israéliens allaient reprendre le 14 août à Jérusalem les discussions entamées fin juillet à Washington pour tenter de mettre fin au conflit.
Les Palestiniens avaient déjà prévenu que les négociations capoteraient en cas de construction de nouvelles colonies israéliennes en Cisjordanie. Israël affirme cependant ne pas avoir pris d'engagement sur le gel total de la colonisation.
Avec dépêches