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Primes en liquide de Claude Guéant : le parquet ouvre une enquête préliminaire

Une enquête préliminaire a été ouverte vendredi par le parquet de Paris concernant les primes en liquide reçues par Claude Guéant entre 2002 et 2004 lorsqu'il était directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur.

La justice se mêle des primes en liquide reçues par Claude Guéant entre 2002 et 2004. Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert, vendredi 14 juin, une enquête préliminaire sur cet argent liquide, à la suite de la publication d'un rapport d'inspection transmis à la justice par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

Selon ce rapport, quelque 10 000 euros mensuels, puisés dans les "frais d'enquête et de surveillance" des policiers, ont été "remis" à Claude Guéant entre 2002 et 2004, alors qu'il était directeur du cabinet du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. Parallèlement, un versement de 500 000 euros a été retrouvé sur son compte bancaire.

Le parquet de Paris a confié l'enquête, qui vise d'éventuels détournements de fonds et recel, à la division nationale des investigations fiscales et financières (DNIFF).

Lors de la publication de l'enquête administrative, l'entourage de Claude Guéant avait relevé que ces sommes ne lui étaient pas destinées, mais utilisées pour un système de "gratifications", notamment pour les policiers en charge de la protection du ministre Sarkozy.

Frais de police

Claude Guéant avait affirmé avoir bénéficié de ces primes lorsqu'il était place Beauvau, pour expliquer le paiement en liquide de plusieurs factures découvertes lors d'une perquisition le visant. Il avait également indiqué que les 500 000 euros provenaient de la vente de deux tableaux.

Les frais de police figurent sur une ligne budgétaire du ministère de l'Intérieur de près de dix millions d'euros en 2013. Cet argent liquide est géré par la DGPN (direction générale de la police nationale) et réparti entre les différents services de police pour récompenser des enquêteurs, par exemple.

Ces fonds ont souvent fait l'objet d'âpres débats parmi les forces de l'ordre et ont souvent été réformés après des abus. En 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait instauré une prime de résultats exceptionnels (PRE) pour tenter de régulariser les gratifications.

Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour Claude Guéant : cette annonce intervient au moment où l'ancien secrétaire général de l'Élysée est aussi dans la ligne de mire des juges qui enquêtent sur l'arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais.

Avec dépêches