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Le président Ahmadinejad entend déposer un recours contre la décision du Conseil constitutionnel d'écarter son dauphin Esfandiar Rahim Mashaïe de la présidentielle du 14 juin. Disqualifié également, l'ex-président Rafsandjani ne fera, lui, pas appel.

Au lendemain du rejet par le Conseil constitutionnel iranien de la candidature d'Esfandiar Rahim Mashaïe pour l'élection présidentielle du 14 juin, le président Mahmoud Ahmadinejad s'est insurgé contre l'éviction de son dauphin. Le chef de l'État sortant, qui ne peut pas briguer de troisième mandat, a argué que son poulain, "un bon croyant, qualifié et utile pour le pays", était "victime d'une injustice".

Mahmoud Ahmadinejad entend faire appel au Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, seul habilité à désavouer les décisions du Conseil des gardiens de la Constitution. "Il y a huit ans, le Guide suprême avait permis à deux candidats réformateurs d'être réintégrés", rappelle Saviosh Ghazi, le correspondant de FRANCE 24 à Téhéran. Sauf que toute réintégration semble, cette fois-ci, peu probable, estime Bernard Hourcade, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et spécialiste de l'Iran. La candidature d'Esfandiar Rahim Mashaïe, ancien vice-président de l'Organisation pour le tourisme et l'héritage culturel iraniens, représente en effet un affront pour l'ayatollah Ali Khamenei. Détesté par le clergé, taxé d’espion de l’étranger, il est l’une des cibles privilégiées des ultraconservateurs.

"Rafsandjani pas motivé"

De son côté, l'autre candidat évincé par le Conseil constitionnel, l'ex-président Ali Akbar Hachemi Rafsandjani, a fait savoir qu'il ne contestera pas sa disqualification, selon Es-Hagh Jahanguiri, le chef de sa campagne cité par l'agence Isna. "Il fait partie des piliers du régime et il le restera, si Dieu le veut", a-t-il indiqué.

Aujourd'hui âgé de 78 ans, ses positions politiques - il avait soutenu les manifestations anti-régime suite à la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009 - semblent avoir joué en sa défaveur auprès des conservateurs chargés de veiller au respect de la Constitution.

Pour Bernard Hourcade, celui qui a dirigé l'Iran entre 1989 et 1997 n'est pas vraiment déçu par cette décision car "sa candidature avait été motivée par ses proches mais lui  ne l'était pas particulièrement". "Il savait qu'il ne bénéficiait pas de tant de soutien que ça derrière lui", estime le spécialiste. 

Reste à savoir vers qui vont se tourner les sympathisants de chacun de ces hommes. Au total, huit candidats ont été retenus. Ils appartiennent en majorité au camp conservateur, dont l'ex-chef de la diplomatie (1981-1997), Ali Velayati, et le maire de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf, ainsi que le négociateur en chef du dossier nucléaire, Saïd Jalili, ou encore Mohammad Haddad-Adel et Mohsen Rezaï. La liste est complétée par les conservateurs Hassan Rohani et Mohammad Gharazi et le réformateur Mohammad-Reza Aref.

Retrouvez ici la liste des candidats à la présidentielle du 14 juin. 

FRANCE 24 avec dépêches