Lors de sa rencontre avec le président Thein Sein lundi, Barack Obama a félicité son homologue birman pour les progrès démocratiques amorcés dans son pays mais a déploré les violences menées contre les musulmans.
Ce fut une rencontre historique. Pour la première fois depuis près de cinq décennies, un président birman a franchi le perron de la Maison Blanche. Il faut dire qu’après 19 ans de dictature militaire sous Than Shwe, la "nouvelle" Birmanie du président Thein Sein veut désormais sortir de l’isolement et se racheter une honorabilité aux yeux de la communauté internationale.
Barack Obama, satisfait des réformes démocratiques menées par le gouvernement birman, notamment en matière de droits de l’Homme, n’a toutefois pas manqué de rappeler à son interlocuteur que des efforts supplémentaires devaient être menés pour faire cesser les violences contre la minorité musulmane des Rohingya – qui représente environ 4% de la population. "Je me suis […] ouvert auprès du président Sein de notre profonde préoccupation en ce qui concerne les violences à l’encontre des communautés musulmanes de Birmanie. Le déplacement des personnes, la violence à leur encontre doit cesser", a déclaré Barack Obama.
140 000 musulmans déplacés en 2012
Les violences inter-ethniques entre bouddhistes et musulmans se sont amplifiées en Birmanie depuis que Washington a commencé à assouplir son régime de sanctions après la dissolution de la junte en 2011. Dans la région du Rakhine (ouest de la Birmanie), au moins 192 personnes sont mortes dans des violences entre bouddhistes et Rohingya, qui se voient refuser la citoyenneté birmane, et près de 140 000 ont été déplacées en 2012.
Dans ce contexte délétère, certaines associations humanitaires ainsi que des élus américains regrettent que Barack Obama soit allé si vite dans la normalisation des relations entre les États-Unis et la Birmanie depuis la fin du régime militaire. Barack Obama a effectué en novembre 2012 une visite historique en Birmanie. Mais à la Maison Blanche, on rétorque que les mesures prises par la nouvelle administration birmane méritent d’être soutenues et encouragées.
FRANCE 24 avec dépêches