Un scandale agite les États-Unis depuis plusieurs jours. Le fisc américain a reconnu avoir mené des enquêtes approfondies ciblant spécifiquement des associations néo-conservatrices. Lundi, Barack Obama a tenté d’éteindre l’incendie.
"Si des employés de l’IRS [Internal revenue service, le fisc américain, NDLR] ont eu recours au genre de pratiques qui ont été rapportées et ciblaient à dessein des groupes conservateurs, alors c’est scandaleux". Le président américain Barack Obama, visiblement agacé, s’est voulu ferme lundi en répondant à une journaliste, alors qu’il tenait une conférence de presse sur un tout autre sujet avec le Premier ministre britannique David Cameron.
La tempête menaçait depuis plusieurs jours aux États-Unis. Elle a finalement éclaté vendredi 10 mai, quand l’IRS a admis avoir fait une "erreur" et a reconnu avoir commandé des enquêtes particulièrement poussées sur des organisations portant des noms à consonnance conservatrice, incluant des mots comme "Tea Party" - mouvance ultra-conservatrice opposée à l’État fédéral et aux impôts - ou "Patriot", qui souhaitaient bénéficier d’exonérations fiscales.
Une cellule centrale de l’IRS basée à Cincinnati, dans l’Ohio, mais également d’autres centres à Washington et en Californie, sont pointés du doigt. Ces groupes sont souvent de petites associations au budget restreint. Certains ont attendu des mois avant de se voir reconnaître un statut associatif spécifique leur permettant notamment de lever des fonds sans limitation. Et, pour ce faire, ils ont parfois dû fournir la liste de tous leurs donateurs et de leurs membres, ce qui est contraire à la loi.
Obama : "Je n’ai aucune patience pour cela"
Le camp républicain s’est immédiatement saisi du scandale de l’IRS pour attaquer l’administration Obama. Mais l’indignation a également gagné les rangs démocrates. "Les abus des services fiscaux sont un abus de pouvoir scandaleux et une rupture de la confiance du public", a ainsi dénoncé Max Baucus, président démocrate de la commission des Finances au Sénat. "Les services fiscaux doivent se préparer à une enquête complète de la commission des Finances. Les services fiscaux vont désormais être ceux qui sont soumis à un examen complémentaire", a-t-il ajouté.
"Nous allons attendre de connaître les faits et les détails. Mais je n’ai aucune patience pour cela. Je ne le tolèrerai pas et nous ferons en sorte de comprendre ce qu’il s’est passé", a prévenu le chef de l’État américain lundi, rappelant que les services fiscaux sont indépendants du pouvoir politique. Barack Obama, dont le deuxième mandat connaît des débuts pour le moins difficiles, a tenté d’éteindre l’incendie au plus vite alors que plusieurs polémiques éclatent. Car en plus de l’affaire concernant l’IRS, Barack Obama subit par ailleurs des attaques l’accusant d’avoir caché des informations au sujet de l’attentat contre l’ambassade américaine de Benghazi le 11 septembre dernier. Il fait également face à un scandale d’écoutes téléphoniques sur plusieurs journalistes américains.